Gaza : ils voient des "barbus" partout...
Par Luc Delval le mercredi 14 janvier 2009, 10:29 - Les amis de nos amis - Lien permanent
Claude Demelenne ("Le Journal du Mardi") a diffusé mercredi matin un SMS ainsi conçu :
'A lire dans Le Soir de ce mercredi, la carte blanche que je publie avec mes amis sam touzani et manuel abramowicz : 'le pouvoir aux barbus ? non merci'. Un appel pour que la gauche et les démocrates en général cessent de se compromettre dans des manifs propalestiniennes hélas dominées par les cléricaux les plus reactionnaires, brandissant des draopeaux du hamas et hezbollah et des pancartes avec des slogans racistes assimilant étoile de david et croix gammée.
Le politiquement correct et la juste cause palestinienne ne doivent pas nous empêcher de dénoncer la tonalité inquiétante de la manif de ce dimanche 11 janvier à Bruxelles. Stop à l'indignation sélective. Ne cautionnons pas par notre silence la montée en puissance d'un lobby politico-religieux islamiste dans notre pays.
Toute réaction à cet appel est bienvenue. Vive le débat sans oeillères.'
Voici le texte du courrier électronique par lequel je lui ai répondu :
Cher Claude,
Tout d'abord, mes meilleurs voeux.
On va tous en avoir besoin, je crois.
A propos de ton SMS de ce matin, juste une première réaction (pas encore lu la Carte Blanche dans Le Soir) :
Pourrais-tu me transmettre toute protestation, appel, mise en garde, dénonciation, etc... que tu aurais rendue publique in tempore non suspecto, avec ou sans Sam et Manu, à propos du fait que les autorités israéliennes ont, durant des années, outrageusement favorisé le Hamas afin d'affaiblir l'autorité palestinienne, à laquelle il s'agissait pour elle, justement, de retirer toute autorité ?
As-tu, ou avez-vous ensemble, crié "les barbus non merci" quand ils étaient les favoris d'Israël ?
Charles Enferlin disait avant-hier soir sur l'antenne de France 2 que le Hamas a été longtemps "chouchouté" par Israël.
C'est donc un peu la créature de Frankenstein qui, après avoir longtemps rempli sa fonction, a échappé à son créateur,
De sorte qu'aujour'dhui l'Autorité palestinienne - Leila Chahid le disait dans la même émission ** - est totalement discréditée aux yeux de la population palestinienne par ce travail de sape d'Israël et par l'absence de tout résultat dans le soi-disant processus de paix, et n'offre plus aucune alternative.
Les Américains ayant fait un peu partout le même genre de calculs (par exemple en soutenant et en finançant la guerre de Saddam Hussein contre l'Iran), et on voit le résultat.
Quant à confondre étoile de David et croix gammée, c'est évidemment une outrance, mais on pourrait peut-être pour partie l'éviter si ceux qui se réclament de la première ne se comportaient pas aujourd'hui d'une manière digne des héritiers de la seconde.
Je suis quand même heureux d'avoir trouvé les mots "juste cause palestinienne" dans ton message.
En revanche,les mots "politiquement correct" ont le don de me hérisser, en premier lieu parce que personne ne sait ce que cela veut dire.
Quant à la manif de dlmanche, qui a réuni autour de 20.000 personnes, si elle était "dominée par les cléricaux les plus réactionnaires" comme tu l'écris, je me dis que soit ce ne devait pas être la même que celle à laquelle j'ai participé, soit vous avez simplement trouvé - l'accusation systématique d'antisémitisme à l'égard de ceux qui osent critiquer Israël fonctionnant un peu moins bien ces temps-ci - un nouveau moyen rhétorique de les discréditer.
Je te le confie, en toute sincérité : si tel est le calcul, il faudra trouver autre chose.
Je te joins un papier de Jean Bricmont (non pas dans Le Soir mais sur "Le Grand Soir") qui, j'en suis certain, nourrira ta réflexion.
Amitiés,
On trouvera ici le texte de la "Carte blanche" dans Le Soir dont il est question.
Tout n'est pas à jeter dans ce texte. Ce qui dérange plus que ce qui s'y trouve, c'est ce qui ne s'y trouve pas, c'est-à-dire ce qu'écrit de son côté Henri Goldman sur son blog :
Je reviens de la manifestation contre les massacres de Gaza avec des sentiments mêlés. Les mots de l’Ecclésiaste me reviennent : « Il y a un temps pour tout : (…) un temps pour tuer, et un temps pour guérir ; un temps pour abattre, et un temps pour bâtir ; un temps pour aimer, et un temps pour haïr ; un temps pour la guerre, et un temps pour la paix. » Est-il encore possible de penser aujourd’hui, au plus profond des massacres, que ceux-ci finiront par s’achever et qu’il faudra inévitablement passer à autre chose ?
À voir la manière dont l’État d’Israël s’emploie, depuis quarante ans, à perpétuer l’état de guerre et à nourrir la haine en fermant tous les angles qui pourraient déboucher sur une paix juste, il semble que l’enseignement du Livre est bien loin. « Un temps pour aimer, un temps pour la paix » ? Les gouvernements israéliens successifs lui tournent avec constance le dos. La guerre leur suffit puisqu’ils sont les plus forts *. Avec en plus le cynisme : qu’importent la mort et la haine que nous semons si elles nous permettent, demain, de gagner les élections…
En face, il ne reste que les armes classiques des pauvres : beaucoup de paroles, peu d’actes sauf les plus désespérés.
Henri Goldman - au texte complet de qui je vous encourage vivement à vous reporter - publie aussi une photo de la manifestation de dimanche dernier, sur laquelle on distingue très bien les militant de l'UPJB auxquels Demelenne, Abramowicz et Touzani font allusion dans leur "carte blanche" en écrivant :
Nous avons décidé de rompre le « politiquement correct ». Parce que nous sommes choqués. Choqués et inquiets par des compagnonnages douteux. Comme cette scène surréaliste, dans la manif du 11 janvier : une quarantaine de courageux militants de l’Union des Juifs progressistes de Belgique (UPJB), défilant… devant un groupe de plusieurs centaines de partisans fanatisés du Hezbollah, appelant à la guerre sainte contre les Juifs !

Selon notre trio anti-"barbus", il faut donc faire grief aux musulmans du fait que les "juifs progressistes" - à qui les porte-parole habituels de la communauté juive dénient jusqu'à leur existence - soient si peu nombreux ?
Si la quasi-totalité des juifs de Belgique, du moins ceux qui s'expriment, et à qui il ne manque jamais pour le faire ni un micro ni une caméra, soutient sans nuance l'action criminelle du gouvernement israélien, c'est donc - si on comprend bien - aux musulmans qu'il faut le reprocher ?
Si quarante personnes seulement, se réclamant publiquement de leur appartenance à la communauté juive, se manifestent pour condamner les crimes du gouvernement israélien (commis avec le soutien massif de la population israélienne, jusqu'à preuve du contraire), ce serait donc la faute des islamistes ? Ce n'est en tous cas pas le fruit d'une intimidation de ceux-ci, car que l'on sache, ils n'ont commis dimanche aucune agression contre les porteurs du panneau que l'on aperçoit sur la photo, et sur lequel figurait une grande étoile de David (masquée par une manifestante). Si intimidation des "juifs progressistes" il y a, c'est clairement au sein même de leur communauté !
Où donc se trouve, dans la "carte blanche" la condamnation, ou un simple regret, de cette solidarité "ethnique" de la communauté juive, tout aussi stupide, primaire, que celle d'une partie des musulmans ? Si ce n'est pas de l'indignation sélective, qu'est-ce que c'est ?
Joindre ponctuellement sa voix, dans les circonstances présentes, à celle des supporters du Hamas (qui souvent voient surtout en lui la dernière incarnation de la lutte contre l'occupant, après la faillite historique du Fatah d'Arafat, lequel finira probablement dans la même poubelle historique que Pétain), est à tout prendre moins dérangeant que garder un silence complice.
Le voisinage de Joël Rubinfeld, du Grand rabbin de France, de Joël Kotek (qui déversait encore ses mensonges grossiers sur RTL avant-hier), de Viviane Teitelbaum (députée bruxelloise MR qui vient de publier le livre de propagande le plus abject qu'un éditeur belge ait osé imprimer depuis longtemps) ne vaut pas mieux que celui de certains "barbus".
Et se contenter de les renvoyer dos à dos n'est pas une attitude acceptable, comme l'expliquait Michel Warschawski il y a une quinzaine de jours déjà.
* souligné par moi
** émission au cours de laquelle l'ambassadeur d'Israël à Paris a déversé un tel flot de mensonges que Leila Shahid ne pouvait évidemment y répondre que très partiellement. Outre les fables déjà bien connues, cet individu a osé dire sans rire que si Israël n'a pas encore reconnu un Etat palestinien indépendant, c'est pour la simple raison qu'il n'existe pas encore... malgré l'ardent souhait qu'en a le gouvernement israélien !
Commentaires
Fallait-il, en 1940-45, s'allier avec Staline pour lutter contre Hitler ?
Et l'abjection des israéliens qui pour occuper leurs loisirs de nantis se rendent à la frontière de la bande de Gaza pour observer à la jumelle le massacre des Palestiniens, ils n'ont rien à en dire, les trois mousquetaires "anti-barbus" ?
Et l'intimidation des Israéliens opposés aux crimes commis en leur nom, cela ne leur inspire rien ?
Excellente analyse visiblement partagée par Hugues Le Paige sur son blog et sur la première ce jour à 13.25h...
http://blogs.politique.eu.org/hugue...
Ceci étant, je n'ai pu m'empêcher de ressentir un véritable malaise en voyant certaines images et certains slogans…
Très cyniquement-et je trouve cela ignoble, je l’admets !-il m’arrive de penser qu’Israël devrait aller au bout de ces idées.
Cela permettrait-il à la communauté internationale d’en finir avec son complexe et sa honte de ce qu’il s’est passé à la seconde guerre mondiale.
Et surtout, cela permettrait peut-être au peuple du monde arabe de comprendre que leurs dirigeants sont incapables d’adopter une attitude commune. Dirigeants, qui par ailleurs, se fichent éperdument des palestiniens et de leur propre peuple et ne pensent qu’à leur pouvoir local despotique!
Et non, pas tous...
Pour le Comité de Dor HaShalom (contact@dorhashalom.org )
Gaza : l’impasse de la force
Le Soir, jeudi 15 janvier 2009, 09:51
http://www.lesoir.be/forum/cartes_b...
A nouveau résonnent au Proche-Orient le bruit des bombes et la fureur du désespoir. Avec la guerre entamée à Gaza le 27 décembre, le conflit israélo-palestinien a atteint un nouveau degré de violence et de brutalité.
Nous sommes affligés par la situation de nos proches, de nos amis, de tous ceux qui habitent Israël et vivent dans la peur des tirs de roquettes du Hamas ; et dans le même temps la vision des centaines de civils palestiniens tués au cours de cette offensive nous remplit de douleur et d’indignation.
L’urgence est bien sûr à l’arrêt des hostilités. Mais ce drame doit aussi conduire à reconnaître l’impasse dans laquelle se sont placés les acteurs du conflit.
Certes, l’Etat d’Israël a le devoir de protéger ses citoyens. Mais tout indique qu’un traitement militaire du différend qui l’oppose au peuple palestinien, approche suivie par les gouvernements israéliens successifs, ces dernières années et ces derniers jours, n’aboutit ni à la sécurité ni à la paix.
Certes, les organisations politiques palestiniennes doivent porter les revendications légitimes de leur peuple, mais les actes de violence ne font que prolonger le conflit et les souffrances de leurs concitoyens.
Quant à la communauté internationale, si elle a le devoir de porter assistance aux victimes, une approche purement humanitaire et épisodique du problème ne peut se substituer à la recherche d’une véritable solution à long terme.
Le confit israélo-palestinien est un problème politique, qui ne peut avoir de solution que politique, c’est-à-dire par la conclusion d’un accord de paix basé sur le droit international.
L’éruption de violence actuelle trouve précisément sa source dans l’épuisement de la dynamique du processus de paix : l’absence de perspective offerte par les négociations entre l’Autorité palestinienne et le gouvernement israélien a largement contribué à la victoire aux élections de janvier 2006 d’un Hamas hostile au processus de paix et coupable d’attaques criminelles sur des civils israéliens.
Il est tentant de voir dans la suite des événements un engrenage inexorable : la prise du pouvoir par le Hamas aurait forcé Israël à imposer un blocus militaire sur la bande de Gaza, le maintien de ce blocus aurait contraint le Hamas à multiplier les lancements de roquettes sur des civils israéliens et ce sont ces tirs de roquettes qui n’auraient laissé d’autre choix au gouvernement israélien que de lancer l’offensive militaire actuelle. En réalité, ce qu’indique cet enchaînement de faits, c’est que tant qu’il n’y aura pas de solution politique au conflit, la violence sera inévitable.
Si l’absence de progrès vers une solution tient en partie à la stratégie mortifère du Hamas, stratégie aussi inacceptable qu’improductive sur le plan politique, elle tient également à l’inconséquence de la politique des dirigeants israéliens.
Ils admettent le caractère inévitable d’un Etat palestinien mais encouragent l’extension des colonies en Cisjordanie, imposent un blocus sur la bande de Gaza et poursuivent la construction d’un mur qui empiète en terre palestinienne.
Ils prétendent vouloir la paix, mais excluent d’office toute négociation avec le Hamas, pourtant devenu le premier parti palestinien. Dans le même temps, ils ne font pas le moindre geste pour faire avancer les négociations avec le président Mahmoud Abbas, privant les figures modérées de toute crédibilité sur la scène politique palestinienne.
De même, ils ignorent l’initiative de paix de la Ligue arabe alors que seule l’implication des différents acteurs de la région permettrait d’asseoir la sécurité et la stabilité.
Le contraste est saisissant entre les buts déclarés de cette politique (sécurité, affaiblissement du Hamas, stabilité et paix) et ses conséquences avérées (insécurité, renforcement du Hamas, instabilité et poursuite du conflit). D’aucuns pourraient même imaginer que ces effets délétères constituent précisément les objectifs recherchés par certains dirigeants israéliens, décidés à maintenir un climat de peur et à décrédibiliser les partenaires potentiels d’une négociation, comme s’ils préféraient s’accommoder d’un conflit « gérable », qui leur permet de préserver leur emprise sur les territoires palestiniens, plutôt que de faire les concessions politiques qui permettraient à Israël d’en sortir.
La guerre actuelle reflète cet état de fait. Elle se veut une démonstration de force mais les « victoires » qu’elle offre sont infamantes et sans lendemain.
Parce que nous sommes attachés à Israël, parce que nous ne voulons plus voir les habitants de Sderot et d’ailleurs vivre et mourir sous les bombes, parce que nous ne nous résignons pas à la fatalité du sang et des larmes, nous réclamons un changement de cap.
Pour cela, il serait propice que les partis israéliens de gauche actuellement dans l’opposition sortent renforcés des prochaines élections et que les acteurs palestiniens favorables à une solution négociée regagnent une véritable crédibilité politique. Mais cela ne suffira pas : la communauté internationale doit intervenir.
Les Etats-Unis, dont la politique pourrait changer avec l’arrivée du nouveau président, et l’Union européenne, dont on ne désespère pas qu’elle fasse preuve un jour d’un peu de courage, doivent prendre leurs responsabilités. L’histoire du processus de paix a montré que la logique de la violence l’emporte lorsque les acteurs sont laissés à eux-mêmes.
Aussi, le déploiement rapide d’une force d’interposition internationale dans les territoires palestiniens s’impose. Cette intervention démontrerait par ailleurs la détermination de la communauté internationale à faire pression sur tous les acteurs du conflit pour les amener à reprendre et à conclure enfin les négociations sur le statut définitif des territoires palestiniens.
Aujourd’hui, dans un camp comme dans l’autre, ceux qui prétendent être pour la paix mais mettent des conditions ou se refusent à des négociations visant à parvenir à une solution du conflit fondée sur le droit international font preuve d’une hypocrisie criminelle : ils portent la responsabilité politique de la violence qui a cours. Ceux qui veulent un autre avenir pour les enfants d’Israël et de Palestine doivent rappeler cette évidence : seule une paix juste et durable peut offrir la sécurité.
Signataires : Julia Cincinatis, Jim Dratwa, Marc Daugherty, Pascale Falck, Melissa Frojmovics, Stephane Ginsburgh, Gérald Goldstein, Lisa Kriwin, Nicolas Kriwin, Uriel Levy, Noé Martens, Sandrine Resler, Julie Ringelheim, Michael Rusinek, Christophe Soil, Rachel Solomon, Ilan Tojerow, Jérémie Tojerow, Micha Wald, Sharon Weinblum.
L’ASBL Dor Hashalom a été créée voici sept ans pour soutenir Israël en diffusant un message de paix et non en soutenant inconditionnellement son gouvernement. www.dorhashalom.org
Le "ils" du titre ne vise pas les "juifs progressistes" mais ceux qui - disons le ainsi pour faire court - tirent prétexte de la présence plus ou moins massive de "barbus" dans les manifestations pro-palestiniennes et contre le massacre en cours à Gaza pour dissuader ceux qui sont aussi attachés à la laïcité d'y participer. Je n'ai jamais prétendu qu'il n'existe ni en Israël ni ailleurs des courants favorables à une solution négociée au conflit israélo-palestinien. Reste qu'il semble ultra-minoritaire et qu'il est pratiquement réduit au silence, et pas par les "barbus".
L.D.
Poussons l'analyse plus loin encore :
http://bougnoulosophe.blogspot.com/...
Les mêmes qui dénoncent le communautarisme obtus et réactionnaire, l'UPJB en l'occurence, avaient salué l'élection, dans son bulletin "Points critiques", l'élection de la charmante Viviane Teitelbombe sur une liste MR. Un détail.
Là où certains voient un conflit ethnique, de "civilisation", de "race", il y a un conflit de classe, comme ce fut le cas en 39-45.
Le malaise à la vue de "barbus" vaut certainement plus que le dégoût devant les crimes de guerre commis par l'Etat sioniste..."N'exportons pas le conflit"...sachant combien l'Europe et la Belgique sont des modèles de confort, de civilisation de progrès , comme l'est Israël.
Je voudrais que Claude Demelenne, Manu Abramowicz et Sam Touzani se souviennent des manifestations organisées par la droite israélienne en 1995 lorsque les accords d'Oslo ont été connus. On a vu à la tribune Netanyahou parler devant des manifestants qui brandissaient des pancartes où Mr Rabin -premier ministre qui venait de signer ces accords - était transformé en Hitler : mèche et moustache. Ces affiches n'étaient pas des créations artisanales et le Likoud n'a pas exclu ces pancartes.
Le ton de haine des orateurs (dont le futur premier ministre Netanyahou) était patent et a été souligné par les journalistes. Cette haine - et ce rapprochement entre quelqu'un qui a essayé de sortir du conflit israélo-palestinien et Hitler - a débouché sur l'assassinat de Mr Rabin en novembre 1995.
Quand une bonne partie de la classe politique et de la population israélienne utilise des comparaisons pareilles - et ce à de multiples reprises, elle banalise elles-mêmes les génocides commis par les nazis et elles "autorisent" du même coup les assimilations actuelles entre Israël à Gaza et les nazis dans le ghetto de Varsovie.
Je ne partage pas l'assimilation faite actuellement par certains individus entre Israël et les nazis et je suis fermement opposé au Hamas et à sa vision de la société mais si Demelenne, Abramowicz et Touzani se sont tus en 1995, ils doivent se taire aujourd'hui.
Ras-le-bol des indignations sélectives. Leur attitude aujourd'hui revient à soutenir et légitimer les atrocités d'Israël, depuis l'expulsion de plus de 800.000 Palestiniens en 1947 au travers des massacres de femmes et d'enfants commis notamment par Menahem Begin qui deviendra premier ministre d'Israël quelques années plus tard - comme si Klaus Barbie devenait député de Lyon, jusqu'au assassinats "ciblés" càd extrajudiciaires en passant par ces soldats israéliens qui ont brisé les bras de jeunes manifestants à coups de pierre lors de la première intifada.
Réponse à "Sauve qui peut" (no 1)
S'allier avec Staline ? Pas en 1940 : jusqu'en juin 1941 Staline était aux côtés de Hitler.
Les ennemis de mes ennemis ne sont pas mes amis !
Ce ne sont pas des questions dont on peut traiter sérieusement en quelques lignes. Mais affirmer comme vous le faites que "Staline était aux côtés de Hitler" relève d'une falsification historique.
Si l'histoire vous intéresse davantage que les slogans, je vous invite à vous reporter par exemple à ces deux articles :
Les dessous du pacte germano-soviétique
Du nouveau sur un certain Staline