Au Journal Télévisé de la RTBF, la manipulation par le pouvoir politique de la composition d'un tribunal,  composé "sur mesure" dans le but d'obtenir une condamnation politique, criminaliser des militants politiques et priver des citoyens de leurs droit essentiel à un jugement équitable, cela s'appelle "des maladresses".

Quand des magistrats, en premières instance à Bruges puis en appel à Gand,  renoncent à ce qui est le premier de leurs devoirs, à savoir l'indépendance, et se mettent moralement et mentalement au garde-à-vous devant un parquet fédéral en proie à un délire paranoïaque qui n'a pas fini de faire des dégâts, ce sont encore "des maladresses".

Quand des gens sont, dans ces conditions, emprisonnés pendant des mois, ce ne sont même pas des maladresses : on le passe sous silence tout simplement. Après tout, ils sont Turcs et d'extrême-gauche, il doivent bien avoir quelque chose à se reprocher, non ?

Pour Benjamin Adnet, quand la ministre de la Justice, celui de l'Intérieur, des membres de la Sûreté, des fonctionnaires des Affaires étrangères, last but not least, des membres du Parquet fédéral complotent pour violer sciemment et délibérément la loi (la falsification à posteriori du PV de la réunion des conspirateurs le démontre), ce sont toujours "des maladresses".

Quand le gouvernement est confronté à la vérité - à savoir les agissements illégaux et fondamentalement  contraires à tout esprit démocratique de certains de ses membres les plus éminents dans le but de faire livrer un citoyen belge à la Turquie - dans un rapport du "Comité R" (comité de contrôle des services de renseignement dépendant du Parlement), pour M. Benjamin Adnet toute cette histoire doit être attribué à "des proches" des militants aujourd'hui acquitté. Autant dire qu'il ne faut pas trop y croire.

Tant de lâchetés en si peu de phrases...