Les doigts dans la crise

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vendredi 26 février 2010

Double standard revival

Le 19 février dernier, Barbara Delcourt, professeur au département de Sciences Politiques de l'Université Libre de Bruxelles, était l'invitée du Centre culturel arabe en Pays de Liège, dans les locaux de l'ULg.

Elle y présentait un travail d'analyse de discours auquel elle s'est livrée, concernant les prises de position de l'Union Européenne dans le conflit israélo-palestinien.

Première conclusion, étayée par des exemples indiscutables : la soi-disant "équidistance" de l'Europe des 27, qui prétend se situer "à mi-chemin" entre israéliens est palestiniens, n'est que de la poudre aux yeux, et les positions adoptées ne tiennent ni face aux droit international (quelle que soit la branche de celui-ci à laquelle on se réfère) ni bien souvent face à la simple logique. On n'en sera guère étonné, hélas.

Barbara Delcourt met en évidence une autre évolution très préoccupante de la politique européenne, dans le sillage tracé par les Etats-Unis et Israël : la négation du "droit de résistance" des peuples colonisés ou sous domination étrangère. L'Assemblée générale des Nations-Unies a pourtant consacré depuis de nombreuses années le principe qui veut qu'est légitime "la lutte des peuples pour leur indépendance, leur intégrité territoriale et leur unité nationale et pour se libérer dela domination coloniale et étrangère par tous les moyens à leur disposition, y compris la lutte armée". Celle-ci n'est certes pas un idéal à atteindre, mais c'est un droit. C'est aux intéressés de juger s'ils doivent s'en servir et comment.

Il conviendrait de le rappeler avec insistance aux dirigeants européens qui, en notre nom, prétendent le mettre à mal par toutes sortes de détours. On ne peut en effet se dispenser de mettre la démonstration du Pr Delcourt en relation avec les informations qui démontrent que l'Union européenne finance généreusement la recherche israélienne en matière d'armement. On ne peut davantage faire abstraction du fait que, selon des données récentes (mais officieuses  - LLB du 23 février 2010) la Belgique (et singulièrement la Wallonie) exporte de plus en plus d'armes : pour plus d'un milliard d'Euros en 2009 !

Voici les vidéos que j'ai tournées lors de cette conférence de Barbara Delcourt :



dimanche 14 février 2010

Saint Valentin au 127 bis

Alors que le gouvernement fédéral belge ne prévoit pour l'heure toujours aucune solution cré"dible à la question des sans-papiers, la coordination pour la régularisation et la libre-circulation (CRER),  a organisé à l'occasion de la Saint Valentin une "parade des coeurs séparés" pour manifester son soutien et sa solidarité aux couples qui font l'expérience de cette séparation ainsi qu'à toutes les personnes retenues dans le centre de rétention 127 bis.

mercredi 27 janvier 2010

La prolifération des "doubles standards" dans la culture occidentale

Le "double standard" devient progressivement la norme dans le discours public occidental et dans le champ politique. De manière de plus en plus assumée.

Les élections, tout d'abord. Truquées, elle ont fait partie des produits d'exportation traditionnels du néocolonialisme et de l'impérialisme pendant des décennies. Les Etats-Unis, en particulier, n'en ont jamais été avares. Y a-t-il un seul pays latino-américain qui n'en ait pas "bénéficié" ? Combien de tyrans et de dictateurs protégés par l'Oncle Sam ont prospéré grâce aux bourrages d'urnes, aux décomptes de voix supérieurs au nombre d'électeurs inscrits et aux menaces de mort (parfois mises à exécution) contre ceux qui votaient "mal" ?

Mais, quand on veut réduire le concept de "démocratie" à la tenue d'élections libres et à la liberté des échanges économiques, et quand on prétend au surplus exporter cette conception de la "démocratie", il faut bien faire quelques concessions à la vraisemblance, et laisser parfois les scrutins se dérouler "à la loyale". Du moins jusqu'à ce qu'on constate que certains peuples ont du mal à saisir ce qu'on attend d'eux et à s'y résigner.

Une des plus éclatantes illustrations en fut l'annulation des élections algériennes en 1991, au motif qu'elles avaient été massivement remportées par le FIS (Front Islamique du Salut).  Après plus de 25 ans de régime de parti unique, instauré par le FLN en 1963, les Algériens avaient eu le mauvais goût de faire confiance au FIS pour mettre fin à un système profondément corrompu et incapable d'assurer à ce pays riche un minimum de prospérité et de justice sociale.

Coupables d'avoir "mal" voté, en fait de changement, ils allaient être servis : coup d'Etat militaire (sous des acclamations des média occidentaux) et guerre civile (jamais vraiment achevée) suscitant dans les même média des torrents de larmes de crocodiles.

Au fil du temps, la technique a été quelque peu perfectionnée, ce qui a donné par exemple les "révolutions orange" dans les miettes détachées de l'ex-empire soviétique. Mais, de temps en temps, il y a encore de mauvaises surprises, comme en Palestine en 2006. Dans sa grandeur d'âme, la "communauté internationale" avait jugé à l'époque que le Hamas - qui avait intégré le "processus politique" palestinien, qui renonçait aux attentats-suicide et dont des leaders de premier plan marquaient qu'ils acceptaient l'idée de d'une paix avec Israël dans les frontières de 1967 - était digne de participer aux élections palestiniennes de 2006.

Mais personne, apparemment, n'avait imaginé que les Palestiniens puissent sanctionner aussi durement le Fatah et l'Autorité Palestinienne, rongés par la corruption, et à qui surtout les Israéliens n'avaient pas permis d'apporter quelque amélioration tangible de leurs conditions d'existence en échange de concessions politiques majeures. La supercherie du "processus de paix", fable à l'usage des opinions publiques occidentales, ne pouvait évidemment pas tromper durablement les principaux intéressés, à savoir les Palestiniens.

Le triomphe électoral du Hamas, au terme d'un des scrutins les plus contrôlés de tous les temps et dont la régularité ne pouvait donc être contestée, fut une cruelle désillusion pour le camp occidental, qui depuis n'a pas fini d'en faire payer le prix par les Palestiniens et singulièrement par les gazaouites. Un cas unique de sanctions internationales qui frappent une population soumise à une occupation militaire et non l'occupant, qui est au contraire sans cesse gratifié d'aides massives de son puissant protecteur américain, d'une sollicitude jamais démentie de l'Europe et d'une impunité totale en ce qui concerne les crimes de guerre commis par ses dirigeants, qui sont en la matière des multi-récidivistes.

Ainsi, selon l'analyse du professeur Barbara Delcourt, du Département des Sciences politiques de l'ULB [1], "en examinant attentivement les positions politiques prises dans le cadre de la politique extérieure et de sécurité commune, il apparaît que l’UE adopte des termes très différents pour qualifier la violence en fonction de  l’identité de ceux qui l’utilisent. Loin d’être neutres, les termes choisis dénotent en fait un biais en  faveur de l’Etat israélien et une attitude qui neutralise en fait ses prétentions à l’équidistance."

Le "double standard", dans ce cas beaucoup plus habilement dissimulé, n'en est pas moins bien réel, il doit être dépisté, traqué, débusqué et dénoncé en chaque occasion.

Enfin, mon propos n'étant évidemment pas ici d'être exhaustif, il faut relever l'instauration du "double standard" dans le champ judiciaire.

A ce propos, je laisserai la parole à Gilad Atzmon, jazzman né en Israël, qui a servi dans l'armée israélienne et vit aujourd'hui à Londres. Ses prises de positions sont - c'est peu de le dire - controversées, d'autant qu'il anticipe les reproches classiques des milieux sionistes à l'égard de ceux qui les combattent en se définissant comme "juif qui a la haine de soi".

Mais il ne s'agit pas ici de porter une appréciation sur "l'ensemble de son oeuvre" (sur laquelle je n'ai pas d'opinion très arrêtée), mais de s'interroger avec lui sur le "cas Demjanjuk" - cet homme qu'on n'en finit pas de juger depuis la fin des années '70, en Israël, aux Etats-Unis et maintenant en Allemagne - en observant le déroulement d'un procès qui ne suscite d'intérêt qu'en Israël et en Allemagne (ce qui est curieux, car nous devrions nous intéresser à ce qui se passe dans les tribunaux de tout l'Union Européenne, dès lors que nous vivons sous le régime du "Mandat d'Arrêt Européen").

Alors que le moins que l'on puisse dire est que nombreux sont les criminels nazis d'une toute autre dimension qui ont bénéficié d'une immense mansuétude de la part des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne dans l'Allemagne occupée immédiatement après la chute du IIIème Reich, la Justice occidentale, pour quelque mystérieuse raison, semble avoir choisi Demjanjuk comme LE criminel de guerre qui, entre tous, ne doit à aucun prix bénéficier d'une quelconque impunité, fût-ce au prix de sérieuses entorses aux principes qui fondent la Justice dans un état démocratique [3] ...

Mais la pratique du "double standard" va plus loin. Voici le texte de Gilad Atzmon, publié sous le titre original "The Shoa must go on" * :

La semaine dernière, nous avons vu le survivant de l’Holocauste, Thomas Blatt, 82 ans, témoigner au procès de John Demjanjuk. Blatt a déclaré qu’il a toujours des cauchemars sur l’époque qu’il a passée au camp de Sobibor. « J’y retourne dans mes rêves, ils sont si réels. Dans mes rêves, je suis toujours là. Je ne peux sortir cela de ma tête. Voilà le prix que j’ai payé pour en être sorti. »

John Demjanjuk, né ukrainien, 89 ans, est accusé par le tribunal de Munich d’avoir été  « complice » [4] de la mort de 27.900 Juifs au camp de Sobibor tout en étant un prisonnier de guerre de l’Allemagne. En effet, le système judiciaire allemand poursuit actuellement des « complices » des crimes nazis. Il est assez embarrassant qu’il ne s’y prenne pas tellement bien, dans le cas présent.

Demjanjuk nie avoir quoi que ce soit à voir avec les crimes le mettant en cause et, de plus, l’accusation allemande n’a pas la moindre preuve impliquant ou liant personnellement Demjanjuk à quelque homicide ou autre fait criminel en rapport avec l’Holocauste.

Monsieur Blatt ne se souvient pas de John Demjanjuk, et il ne peut donc pas dire s’il est coupable dans l’accusation portée contre lui d’avoir aidé à gazer 27.900 Juifs. « Plus de 60 années ont passé », a déclaré Blatt. « Je ne me souviens même plus des visages de mes parents. C’est à la cour de décider s’il était présent. S’il y était quand moi, j’y étais, alors, je peux imaginer qu’il a dû pousser des Juifs vers les chambres à gaz à la pointe de sa baïonnette. »

Selon The Mirror, Blatt a été amené au tribunal afin de « donner une voix vivante à l’horreur, au lieu d’un compte rendu historique empoussiéré ». Apparemment, dans l’actuelle situation des affaires mondiales marquée par un hyperréalisme certain, les documents et les faits historiques ne sont guère plus que de la « poussière » alors qu’un récit personnel, saturé de conjectures, d’associations d'idée et d’émotions, est perçu comme une « voix vivante » et convaincante. [...]

Monsieur Blatt a insisté pour dire que « les Ukrainiens ‘comme Demjanjuk’ étaient les pires d’entre les pires. Nous avions plus peur d’eux que des Allemands ». Il y avait « 120 gardes ukrainiens pour seulement 17 SS et ce, à n’importe quel moment », a ajouté Blatt devant le tribunal. Blatt, manifestement, ne s’en est tenu qu’à des généralisations.

Je me demande si un gamin palestinien suggérant que des Juifs « comme Blatt » ont tué sa famille voici un an en larguant des bombes sur un abri de l’ONU à Gaza, serait aussi bien accueilli au tribunal de Munich. Pour l’une ou l’autre raison bizarre, dans le contexte du discours libéral occidental, les généralisations sont les bienvenues comme l’est tout autant le libre recours à des catégories raciales, voire le fait de suggérer la culpabilité par amalgame, quand ces affirmations sont le fait de juifs. En revanche, il est conseillé au reste de l’humanité de s’abstenir de ce genre de discours.

Toutefois, le fait qu’englober tous les Ukrainiens en tant que peuple dans une accusation aussi sévère soit accepté comme une preuve au tribunal de Munich, peut jeter un certain éclairage sur la motivation sinistre qui se tient derrière ce procès actuel.

Comme le reste de l’humanité, les Allemands semblent montrer certains signes de « fatigue de la Shoah ». Ils semblent préférer effacer la responsabilité du passé nazi et refiler la patate chaude aux prisonniers de guerre ukrainiens. De même, nous pouvons présumer qu’à un moment donné, l’Amérique et la Grande-Bretagne pourraient décider de recourir à la même tactique et accuser leurs collaborateurs dans le monde arabe des carnages et des monceaux de cadavres qu’elles-mêmes ont laissés derrière eux.

Israël, qui subit actuellement des pressions en raison du nombre sans cesse croissant de ses crimes contre l’humanité, pourrait également recourir à l’astuce allemande. Il pourrait également choisir certains Palestiniens et les accuser d’avoir été des complices des crimes perpétrés contre le peuple palestinien.

Mais il y a un tour de passe-passe bien plus intéressant encore dans l’évolution de cette honteuse affaire judiciaire. Alors que Demjanjuk nie avoir été un instrument dans les crimes des nazis, Monsieur Blatt admet librement avoir travaillé pour les SS et les avoir aidés dans ce que lui-même qualifie de « machine de mort » : « Un autre boulot consistait à couper les cheveux des femmes qui étaient sur le point d’être tuées », déclare Blatt. « Celles des endroits, comme la Hollande, croyaient le mensonge », affirme-t-il. « Les femmes me disaient : ‘S’il vous plaît, ne coupez pas mes cheveux trop courts !’ . Mais les Juifs polonais, eux, savaient déjà. Ils avaient entendu trop d’histoires et senti la puanteur des feux, la nuit. » Blatt poursuit : « Ils disaient : ‘Comment pouvez-vous faire ça ? Comment pouvez-vous travailler pour les SS ?’ Je le faisais pour survivre. » (voir ICI l'interview au Spiegel)

On pourrait se demander pourquoi la volonté de survie de Blatt est plus kacher que le désir de rentrer chez lui d’un prisonnier ukrainien. En d’autres termes, si on considère le fait que Blatt admet avoir assisté les SS, pourquoi n’est-il pas accusé par le même tribunal allemand d’avoir été un « complice » des crimes nazis ?

Une réponse possible, c’est que Blatt est un Juif et que Demjanjuk est un goy. Aussi triste que cela puisse être, aux yeux d’un tribunal munichois, la volonté de « survivre » d’un Juif doit être supérieure au désir d’un Ukrainien d’arriver entier à la fin de la guerre.

Si c’est effectivement le cas, le tribunal allemand n’agit ni avec éthique ni avec impartialité. Par conséquent, il serait raisonnable de prétendre que le tribunal munichois n’a pu tirer les leçons élémentaires et nécessaires du passé nazi de l’Allemagne. D’une façon ou d’une autre, la justice allemande différencie les gens en fonction de leur race et de leur appartenance ethnique.

COMPARONS

Demjanjuk, risque 15 ans de prison. Il en a 89.

Raul Hilberg, dans sa monumentale étude historique "La destruction des juifs d'Europe" [3] , établit avec méticulosité à quel point les vainqueurs firent preuve d'une grande clémence vis-à-vis des criminels nazis, dont seulement un tout petit nombre de figures emblématiques ont été lourdement condamnées.

A propos des "douze procès successeurs de Nuremberg," Hilberg relève (p. 2001 et suiv.) que "à peine les jugements furent-ils rédigés que le processus des diminutions de peine s'engageait. Dans le procès des camps de concentration, le tribunal réduisit de lui-même quatre peines. Puis le gouverneur militaire, le général Clay, en commua une autre. Enfin, une commission spéciale de clémence arriva des Etats-Unis, avec mission de réexaminer (...) toutes les décisions. (...) La commission (Clemency Board) se mit à l'oeuvre en avril 1950. Bien que ses membres se soient sentis liés par les faits motivant les jugements, la défense fut autorisée à produire de nouvelles preuves et à ressortir ses vieux arguments. La commission prit alors quatre initiatives. Elle recommanda une révision vers le bas des condamnations individuelles en vertu des nouveaux témoignages portés aux dossiers.  Elle préconisa que les écarts qui pouvaient exister entre les peines prononcées pour des fautes similaires soient résolus par l'adoption de la peine la moins sévère. Si la période de détention avant et pendant le procès n'avait pas été décomptée, elle le serait à présent. Enfin, la commission demanda que la remise de peine accordée aux prisonniers pour bonne conduite soit portée de 5 jours par mois à 10 jours par mois, ce qui réduisait d'un tiers la durée des peines."

Agé de 89 ans, J. Demjanjuk est conduit au tribunal en chaise roulante.

"Le haut commissaire McCloy fut soumis à une pression considérable non pas pour simplement accepter ces recommandations, mais pour aller plus loin  encore. Avec difficulté, il commua de son propre chef plusieurs condamnations à mort. Lorsqu'il fit part de ses décisions, le 31 janvier 1951, le nombre de condamnés, 142, était réduit de plus de la moitié : 77 étaient acquittés, 50 se trouvaient encore en prison, 1 (Strauch) avait été envoyé en Belgique, les 7 condamnés du procès des médecins avaient déjà été pendus, et 5 restaient toujours condamnés à mort. Parmi les acquittés figuraient TOUS les industriels condamnés. A sa sortie de prison, Ter Meer, d'IG Farben, déclara : Maintenant qu'ils ont la Corée sur les bras, les Américains sont nettement plus compréhensifs."

Un processus semblable, explique encore Hilberg, se déroula dans la zone d'occupation britannique, et le moins qu'on puisse écrire est que certains hauts dignitaires nazis s'en sortirent bien : "Kesselring fut condamné à mort [5], mais sa peine fut commuée en un emprisonnement à perpétuité, puis réduite à 21 ans. Libéré sur parole pour raisons de santé et gracié parce qu'on le croyait proche de sa fin, il reprit une vie active en 1952".  Et quelle vie active !  Selon Wikipédia, Kesselring fut le président de l'association d'anciens combattants Der Stahlhelm (le casque d'acier) jusqu'en 1960.  Il publia ses mémoires, sans jamais rien renier de son passé nazi ni de sa loyauté inaltérable à Hitler.

Après le processus décrit par Raul Hilberg viendront, sous le règne d'Adenauer, les lois d'amnistie des 31 décembre 1949 et 17 juillet 1954, la course aux pensions et aux indemnisations dont profitent des gens comme l’ex-secrétaire d'État à la Justice Franz Schlegelberger, Secrétaire d'Etat à la justice de Hitler [6], pourtant condamné à la prison à perpétuité par le tribunal de Nuremberg, l'indulgence de la justice ouest-allemande à compter du procès d'Ulm qui s'explique aussi par la deuxième carrière de certains juges nazis...

Alors, pourquoi Demjanjuk, 65 ans après ?
Pourquoi devant un tribunal d'un Etat dans lequel les faits qui lui sont reprochés n'ont pas eu lieu (c'était en Pologne), dont il n'est pas citoyen et où il n'a résidé que peu de temps, il y a plus de 50 ans ?
Pourquoi devant des magistrats issus d'un corps dans lequel - comme il est dit ci-dessus - pas mal de nazis ont prospéré bien après la guerre ?

Pourquoi pas, puisque personne n'a vraiment envie de défendre ce type, après tout... 

Mais quel rapport avec la justice ?


* merci à Jean-Marie pour la traduction express et experte.

[1]  qui prononcera une conférence sur « L’Union européenne et l’usage de la violence dans le conflit israélo-palestinien : le droit de résistance en question » le 19 février à 20h à l'Université de Liège, Salle M. Wilmotte, 3e étage (Place Cockerill 3), à l'invitation du "Centre Culturel Arabe en Pays de Liège".
[2] Un « complice », dans le contexte de l’article de Gilad Atzmon, est une personne qui aide à la perpétration d’un crime mais qui, en fait, ne participe pas de ses propres mains à la perpétration de ce crime.
[3] A cet égard ils faut saluer l'indépendance et l'impartialité des juges israéliens qui en 1993 ont mis à néant, au nom du "doute raisonnable", le jugement de première instance qui le condamnait à mort. On n'en dira pas autant de ceux qui s'étaient empressés de le priver de sa nationalité américaine (acquise en 1958, au moment de son extradition vers Israël (donc avant tout jugement sur le fond) et qui furent ensuite piteusement contraints de la lui restituer.
[4] Raul Hilberg - La destruction des juifs d'Europe - 3 volumes "Folio histoire" - voir dans le volume 3, pp. 1970 à 2063
[5] pour complicité dans le massacre de 335 civils à Rome (dont une minorité de juifs rafflés dans le ghetto car il n'y avait pas assez de prisonniers de droit commun pour arriver au chiffre fixé) : le fameux "Massacre des Fosses adréatines". Certains des auteurs directs du massacre, commis en représailles après un attentat contre l'armée allemande (32 morts), s'en tirèrent à très peu de frais, le châtiment étant au surplus particulièrement tardif.
[6] Il fut libéré en 1950, à 74 ans (il avait donc 15 ans de moins que Demjanjuk aujourd'hui), pour "raisons de santé". il a encore vécu 20 ans ! Sa pension mensuelle se montait à 2.894 Deutsche Mark, à une époque où le revenu moyen en Allemagne de Ouest était de 535 DM par mois.

samedi 23 janvier 2010

Obama lave vraiment pas tellement plus blanc, finalement...

C'était une des promesses emblématiques du candidat Obama, même si pour la majorité des Américains elle n'est pas de nature à beaucoup changer leur vie quotidienne : la fermeture du bagne militaire de Guantanamo.

Un an plus tard, la fermeture a été repoussée et repoussée encore, et il reste 196 prisonniers l'Oncle Sam avec lesquels l'Oncle Sam, ce vieillard maniaque, a quelques difficultés. Qu'en faire ?

Une commission d'étude, qu'Obama avait chargé de trouver la solution fait des recommandations qui décoiffent : selon elle, une cinquantaine de ces prisonniers doivent être maintenus indéfiniment en détention indéfiniment, car il existe contre eux des charges lourdes. Mais pour autant, pas question de les juger !

Et pourquoi donc ? Parce que la tenue d'un procès [1] serait "de nature à compromettre la collecte de renseignements" par les services secrets U.S. Pire encore, rapporte le Washington Post, "les détenus pourraient contester les preuves rassemblées contre eux".

Bon, alors, évidemment !!! Si maintenant les accusés ont le droit de contester ce que dit l'accusation, alors même que cette accusation émane en droite ligne de l'ancienne administration Bush, dont le sens moral, la droiture et le respect absolu pour la vérité on fait l'admiration de l'humanité entière pendant 8 ans, c'est à désespérer de tout !

Et pourquoi, hein, pourquoi ils se permettraient de contester les charges ? Hein, je vous le demande ? Sous le fallacieux prétexte qu'il s'agit d'aveux obtenus sous la torture. Je vous demande un peu ! C'est vraiment toute la nature dramatiquement perverse de ce peuple qui remonte à la surface à la première occasion, comme écrirait très justement le rédac'chef de la Libre Belgique, un humaniste si bien élevé dont je préfère oublier le nom.

La commission chargée par Obama de régler le problème recommande que 35 détenus soient jugés soit par des Cours fédérales soit par des tribunaux militaires (après souvent 7 ou 8 ans de détention pendant lesquelles on n'avait même pas daigné les informer de ce qui leur était reproché), que 110, tous yéménites soient libérés : 80 sans délai et 30 "dès que la situation dans leur pays le permettra".

80 libérés "sans délai" ?  Voire ! Car comme le note le Washington Post, après la tentative d'attentat du slip piégé de la Noël, Obama a suspendu tout "transfert" de prisonnier originaire du Yémen. Faut donc pas confondre libérable et libéré. En fait c'est pas demain la veille qu'un gardien leur demandera : "on vous appelle un taxi, monsieur, ou il y a quelqu'un qui peut venir vous chercher ?"

Quant à la cinquantaine d'autres, comme indiqué plus haut, ils resteront détenus sans jugement ni limite de temps.

Mais attention ! Sous Obama, ce n'est plus du tout comme sous Bush. Du temps de ce dernier, si un prisonnier osait la ramener, il avait droit à un tour de manège supplémentaire sur l'attraction-vedette du parc d'attractions de Guantanamo, appelée "water boarding" (il y en a qui ne s'en lassaient pas !). Maintenant, on lui répond : "soyez assuré que votre cas fera périodiquement l'objet d'un réexamen attentif". C'est quand même plus classe.

Y'a pas à dire, avec un black à la Maison Blanche, les bonnes manières ont tendance à progresser.


[1] Procès (de processum, supin de procedere : perdre du temps) : cérémonie rituelle en usage au XIX et au XXème siècle, un peu ennuyeuses, au cours de laquelle des avocats, usant honteusement de l'immunité que leur confère une loi totalement dépassé, posent des question et donnent stupidement des arguments en faveur de l'accusé, démontrant ainsi qu'ils ne sont vraiment pas des patriotes.

mardi 19 janvier 2010

Un seul coco vous manque, et tout est dépeuplé...

Michel Warshawski, au cours du débat de dimanche dernier organisé par "Génération Palestine" *, avait d'emblée annoncé qu'il n'apportait pas de bonne nouvelles (voir l'extrait dans le papier de lundi).

Voici un autre extrait de ses interventions dans ce débat, dans lequel il souligne à la fois l'importance des actions de solidarité de par le monde (même quand leur utilité ne saute pas immédiatement aux yeux de ceux qui les mènent), la complémentarité des différents acteurs dans cette lutte, même quand ils ne se connaissent pas, et aussi la crise qui a rompu le front des opposants à l'intérieur d'Israël : pour le premier anniversaire du massacre de Gaza, militants juifs et arabes ont manifesté chacun de leur côté. Le Parti communiste, qui a longtemps joué un rôle crucial dans l'articulation de leur front commun, n'est plus en mesure de remplir cette fonction. Après 60 ans d'action en commun, c'est chacun chez soi, chacun parmi les siens.

C'est évidemment à la fois préoccupant et navrant, et c'est terriblement significatif de la crise de la société israélienne.


* dont le site web a semble-t-il eu la déplorable idée de tomber en panne le jour-même où j'invitais mes innombrables lecteurs admiratifs à le visiter

lundi 18 janvier 2010

Je sens que la suite va être passionnante

Vous avez aimé la première décennie* les neuf premières années du millénaire ? Moi aussi. Et je sens que nous allons adorer la suite. En tous cas, c'est très très bien parti. Je sens que la suite va être passionnante.

Rien qu'en quinze jours, on trouve déjà dans l'actualité un tas de raisons de pavoiser.

Comment, par exemple, ne pas être admiratif devant le fantastique élan de solidarité autour d'Haïti ? Enfin, je veux dire, des grands hôtels d'Haïti, ou plus précisément de Port-au-Prince en ruines, qui sont au centre de l'attention de pas mal d'équipes de sauveteurs. Avoir sorti vivante des décombres de son prestigieux établissement la propriétaire de l'hôtel Montana, Nadine Cardoso-Riedl (62 ans), est quand même un exploit qui mérite d'être particulièrement salué pour au moins deux raisons :

1° ce sauvetage est de ceux qui préparent l'avenir : dans le futur, quand l'hôtel aura été reconstruit, les "people" de passage à Haïti ne seront pas contraints de loger à la belle étoile et

2° elle a été sauvée grâce au fait que, de sous les ruines de l'immeuble elle a envoyé un SMS. Son sauvetage est donc  marqué du sceau de la haute technologie occidentale, ils s'inscrit résolument dans l'ère de la communication où nous sommes entrés. C'est une chose capitale que tous les pauvres qui, en ce moment même, agonisent sous les ruines sans même avoir leur iPhone à portée de la main sont incapables de comprendre. Comme dirait Sarkozy, ils ne sont pas entrés dans la modernité (ce qui n'est pas étonnant pour des gens de couleur, convenons-en, mon cher Brice).

Evidemment il y aura toujours des gens pour s'offusquer d'entendre ** l'anecdote de cette équipe de sauveteurs canadiens qui, arrivant les premiers sur le site d'une usine sont le hall principal s'est effondré sur les 500 personnes qui y travaillaient, est aussitôt partie ailleurs après avoir appris qu'aucun citoyen canadien ne figurait parmi les écrabouillés. Des Canadiens qui fabriquaient des T-shirts dans les "sweat shops" haïtiens pour 20 € par mois, c'est sûr, ils n'étaient pas légion !

Petites piqures de rappel à propos d'Haïti vivement conseillée : ICI et LA.

A propos de modernité et de bonne conscience : j'étais hier à un débat organisé par "Génération Palestine" sur "Gaza, 1 an après", à Bruxelles, principalement dans le but d'écouter Michel Warshawski, rencontré à Jérusalem en décembre, et dont je trouve les analyses particulièrement pertinentes.

Les Israéliens, voilà des gens, on ne peut le nier, qui s'inscrivent de plein pied dans la modernité. Extrait de l'exposé de Michel Warshawski :




* Pour rappel, il a commencé en 2001. Dans le système décimal, les nombres qui se terminent par 0 marquent la fin d'une série (dizaine, centaine, millier) et non le début de la suivante.
** hier matin sur France-Inter

jeudi 31 décembre 2009

SOS cartes téléphoniques

Le CRER lance un appel pour pouvoir offrir des cartes téléphoniques prépayées aux étrangers détenus dans les "centres fermés". Certains ont été brutalement séparés de leur famille, de leurs enfants, d'autres n'ont même pas eu le temps de contacter leur avocat, et d'autres encore n'ont pas réussi à prévenir les amis qui auraient pu les soutenir....

Pour communiquer à l'extérieur du centre fermé, il ne leur reste que les cartes, mais la plupart n'en possèdent pas...si vous voulez, vous pouvez leur offrir une carte de telephone.

Comment? 

  • Soutien sur le compte Triodos N° compte 523 - 0801898 74 du CRER en mentionnant "action cartes-téléphones pour les sans-papiers/centres fermés".
  • En diffusant ce message autour de vous (email, facebook, etc..)

mardi 29 décembre 2009

Pas à dire, l'info c'est un métier

"Arrêt sur Images" révèle qu'à deux reprises - lundi à 13h et à 20h - le journal télévisé de France 2 a présenté une image supposée représenter la brutalité ignoble dont font preuve les autorités iraniennes face à la contestation actuelle, qui en réalité a été prise... au Honduras en juilllet.

L'image litigieuse avait d'ailleurs déjà été diffusée sur le site du Boston Globe, qui indiquait qu'elle a été prise à Tegucigalpa le 29 juin.

La rédaction de France 2 soutient qu'il s'agit d'une erreur commise par le "service EVN", c'est-à-dire une sorte de bourse d'échange internationaux d'images, à laquelle sont affiliées toutes les télés du réseau Eurovision.

C'est plutôt curieux, mais peu importe : ce qui est frappant c'est que le même cliché, présenté pour ce qu'il est réellement - à savoir la répression contre des démocrates du Honduras après un coup d'état militaire d'inspiration vaguement etatsunienne - n'avait guère retenu l'attention à l'époque où il fut pris. Il avait certes été publié par "Le Figaro", mais pour le reste le moins que l'on puisse dire est que la PPPA n'a pas cherché à saturer notre champ de conscience avec des infos sur ce qui qui s'est passé et se passe encore au Honduras.

Par exemple, le 7 décembre 5 personnes ont été abattues dans la rue, à Villanueava, à côté de Tegucigalpa par quatre tueurs surgis d'une camionnette qui circulait sans plaques d'immatriculation. Les victimes, des militants des droits de l'homme - Marcos Vinicio Matute Acosta (39 ans), Kennet Josué Ramírez Rosa (23 ans), Gabriel Antonio Parrales Zelaya (34 ans), Roger Andrés Reyes Aguilar (22 ans) et Isaac Enrique Soto Coello (24 ans) - ont été contraints de se coucher sur le sol, et tués sur place. Une sixième personne, Wendy Molina (32 ans), a miraculeusement survecu, mais elle a été hospitalisée dans un état très grave.

En fait, ce ne sont que quelques victimes parmi beaucoup d'autres cibles des escadrons de la mort qui sévissent depuis le coup d'état militaire. Parmi elles on trouve aussi bien des militants de gauche, des membres de leur famille, des personnes soupçonnées d'aider deux qui s'opposent à la junte militaire, que des homosexuels. "Les crimes se multiplient plus vite que nous ne pouvons les compter", dit un militant des droits de l'homme. On trouve ICI un décompte très partiel des crimes de cette espèce commis en décembre.

Vous en avez entendu parler, sur France 2 ou ailleurs ?  Si seulement les auteurs du coup d'Etat étaient musulmans. Ou alors leurs opposants, enfin n'importe qui. Mais un conflit, si sanglant soit-il, dans lequel on ne trouve pas la plus petite trace de menace islamiste, quel intérêt ?

Couverture de "Charlie-Hebdo" (le vrai) en 1972.

L'appel est entendu : http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2009/12/30/les-editeurs-de-presse-en-ligne-se-repartissent-20-millions-d-euros-d-aides_1285932_3236.html

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En bref

Hélas

L'ennemi mérite davantage qu'un haut-le-coeur passager - un effort d'attention et de pensée.

Alain Brossat - "Bouffon imperator" - p.43

Vraiment, ces mecs du Hamas, y sont pas croyables !

Mahmoud Zahar, haut responsable du Hamas, ne participera plus aux négociations avec Israël au sujet de la libération du soldat Guilad Shalit. Il est fâché. Vraiment fâché.

Selon lui, le gouvernement israélien ne tient pas ses engagements. C'est ce qu'il a expliqué au magazine allemand Der Spiegel : "Quand Netanyahou a présenté les conclusions des négociations à son gouvernement, j'ai été beaucoup critiqué par mon organisation. Pas question de continuer à jouer aux 'gamineries' israéliennes", dit-il.

Franchement, ces types du Hamas exagèrent. C'est bien la première fois que quelqu'un accuse Israël de ne pas tenir ses engagements ! Si les dirigeants israéliens se conduisaient comme des fils de p.... (soit dit sans offenser cette honorable profession), on en aurait entendu parler, non ?

C'est quel jour, la collecte des ordures ?

Officiellement, le gouvernement israélien nie que ses services soient à l'origine de l'assassinat à Dubaï de Mahmoud al-Mabhouh, un vilain méchant du Hamas.

Mais tout aussi officiellement, le ministre israélien des Infrastructures, Binyamin Ben-Eliezer ("travailliste" *) a déclaré, dimanche matin, dans une interview accordée à la radio de l'armée que "l'assassinat de Mahmoud al-Mabhouh n'est pas un échec". Pour Ben-Eliezer, également membre du cabinet restreint de sécurité (un club fermé de criminels de guerre), "peu importe qui l'a fait, ce qui compte c'est le résultat".  Doctrine qui explique qu'Israël répète jusqu'à l'écoeurement que son armée est "la plus moderne du monde".

"La question qu'il faut se poser est : quel rôle jouait cet homme au sein du Hamas ? En supposant que son rôle était majeur, le fait qu'il ait pu être abattu a, pour moi, une importante force de dissuasion" a conclu cette ordure ministérielle.

Israël a, depuis bien longtemps, procédé de la même manière avec bon nombre des leaders du Hamas, comme d'ailleurs auparavant avec ceux du Fatah, qui auraient pu devenir des interlocuteurs crédibles pour des négociations de paix. 

Ce qui les désigne comme cibles, ce n'est pas - contrairement aux alibis sanglants brandis par les dirigeants israéliens - leur dangerosité comme "terroristes", c'est leur dangerosité comme éventuels partenaires d'une paix négociée, laquelle signifierait la ruine pour tout l'appareil politique israélien, composé d'anciens militaires qui ont massivement investi leur confortables revenus dans les industries militaires.


* les "travaillistes" en Israël c'est la gauche fascisante, tandis que le Likoud c'est, parmi d'autres, la droite fascisante. Faut pas confondre.

La recette

Entendu à la radio ce matin : Hamid Karzaï, celui à qui des élections honteusement truquées ont confié le poste de président  de l'Afghanistan *, propose "argent et travail" aux "insurgés qui abandonneront la lutte armée".

Ce système, il faut bien le dire extrêmement ingénieux (moi, j'y aurais pas pensé, sincèrement) a déjà fait ses preuves : les "insurgés" abandonnent la lutte armée le temps de toucher la prime, après quoi ils s'en servent pour acheter des armes. Jusqu'à la prochaine fois. Et, franchement, on ne peut pas leur donner tort.

Quoi qu'il en soit, Karzaï pourrait peut-être faire des émules. Et pourquoi pas en Belgique ?

Du travail et de l'argent, c'est ce que réclament - par exemple, mais ils sont loin d'être les seuls - les ouvriers d'Opel à Anvers. Peut-être que s'ils prenaient le maquis dans les polders Leterme finirait par leur fournir un nouveau boulot et un pactole en échange de la paix ? 

Quoique, finalement, à la réflexion, pourquoi du travail ? Ils pourraient se montrer raisonnables et se contenter du fric... Du moment que c'est beaucoup.


* les élections truquées sont celle que les pays occidentaux préfèrent, dans l'empire. Quand les élections se déroulent "à la loyale", il n'est pas rare que les peuple élisent des gens qui ne correspondent pas aux voeux de la "communauté internationale". Ca, ce sont les mauvaises élections. Exemple type : Gaza.
Les bonnes élections, c'est quand la clique que la "communauté internationale" veut mettre au pouvoir y arrive, même si c'est en recueillant plus de voix qu'il n'y avait d'électeurs. Exemple type : l'Afghanistan.
Les élus type Gaza seront boycottés et, le cas échéant, bombardés. Les "élus" du second type seront arrosés de dollars et montrés en exemple au monde en extase.

America is back !

Semaine faste pour l'administration Obama. Elle a perdu sa majorité qualifiée au Sénat et voilà maintenant que la Cour Suprême met à néant la législation qui limitait le montant que les entreprises avaient le droit de verser aux candidats aux élections dans le but d'influence le résultat des scrutins.

Autrement dit, si Obama parvient malgré tout à faire passer sa réforme du système de santé, lors des prochaines élections les grandes compagnies d'assurance qui ont combattu son projet risquent de pouvoir, sans aucune limite, financer les campagnes électorales du camp républicain.

Dans Le Monde Diplomatique de janvier, Serge Halimi posait la question : "Peut-on réformer les Etats-Unis ?".

Une réponse peut se trouver dans cet article de "The Nation", dont l'auteur explique que la question du financement des campagnes électorales par les grands groupes industriels et financiers, qui disposent des moyens de littéralement "acheter" le résultat des élections qui leur convient si la loi n'y met pas bon ordre, est posée depuis... 1904, c'est-à-dire depuis que Teddy Roosevelt s'était fait élire avec l'appui massif, déjà, des compagnies d'assurances-vie, qui ne voulaient surtout pas voir le Démocrate Alton Parker à la Maison Blanche.

Chiche !

Le 9 décembre dernier, Nicolas Sarkozy a remis la Légion d'Honneur au comédien Dominique Farrugia. Cérémonie à laquelle avait assistée l'animateur radio Marc-Olivier Fogiel.

Or, celui-ci avait eu l'outrecuidance, quelques jours plus tôt, de demander à Carla Bruni si elle aurait quand même épousé le Petit Nicolas s'il n'avait pas été président. Celui-ci n'a pas du tout apprécié.

Selon des témoins cités par le Post, le président français aurait vigoureusement apostrophé Fogiel, achevant la conversation par cette phrase dans le droit fil de son célèbre "casse-toi pauv'con" : "Si je n'avais pas été président de la République, je t'aurais démonté la gueule".

Sarko commence à vivre dangereusement. Quand le CRIF et Viviane Teitelbaum le dénonceront-t-ils pour agression antisémite ?

Un brave

En 2009, l'ultra-réactionnaire Union des Patrons et Professionnels Juifs de France (UPJF) - Mischaël Modrikamen a son rond de serviette sur leur site web, c'est dire ! - a décerné à Brice Hortefeux, spécialiste des plaisanteries fines sur les Auvergnats, de l'identité nationale de la France moisie et des expulsions expéditives (il a passé la main à Besson, parce que c'est fatiguant, et que rien ne vaut un ancien "socialiste" pour ce genre de basses besognes), son "prix de la lutte contre le racisme et l'antisémitisme".

Si, si, sans rire !

Pour cette année, le lauréat de cette haute distinction est tout trouvé : George Samuel Antoine, diplomate haïtien en poste au Brésil.

Plus con encore qu'une député européenne française dont le nom commence par D, se termine par I et se compose de quatre lettres parmi lesquelles un T et un A, il a oublié qu'il y avait une caméra devant lui, et a déclaré à une chaîne de télé brésilienne que le tremblement de terre qui a frappé Haïti et fait autour de 50 à 80.000 morts aux dernières nouvelles, est quelque chose comme une punition divine contre la population d'origine africaine, coupable de pratiquer le vaudou avec une obstination confondante.  Et d'ajouter que cette punition, sévère mais juste, est "une bénédiction pour nous". "Nous", c'est-à-dire les haïtiens à la peau blanche. Et pour que ce soit clair, il ajouta : "partout où il y a des Africains, c'est la merde".

Ce type risquant, quand même, d'être prochainement à la recherche d'un emploi, je me demande s'il ne pourrait pas postuler pour la fonction de Procureur Fédéral en Belgique. Il paraît avoir toute la finesse d'esprit requise. Et pour la maîtrise du néerlandais, il pourrait prendre des leçons avec Daerden.

Message personnel (2)

Finalement "il" semble avoir enfin compris. (voir plus bas)

C'est pas trop tôt !
Dix ans à s'acharner à pourrir la vie de militants, dix ans à gaspiller l'argent public dans des procédures absurdes, dix ans à ridiculiser la Justice qu'on est supposé servir, ça mérite quelle peine ?

Promo spéciale Noël Nouvel-An

Une compagnie aérienne américaine fait un tabac avec sa promo spéciale pour Noël - Nouvel An : le billet d'avion combiné avec une épilation totale définitive des jambes.

Le procédé a comme effets secondaires de doper sérieusement le chiffre d'affaires des industries de la sécurité et de l'anti-terrorisme, qui avait tendance à s'assoupir. Idem pour la PPPA  (la Presse du Pouvoir, de la Police et de l'Argent, comme dit Thierry) : une affaire comme ça au coeur de la "trève des confiseur" c'est du cougnou béni, parce que - il faut bien le dire - ce n'est pas avec des infos comme l'assassinat de six Palestiniens par l'armée israélienne (trois en Cisjordanie et trois à Gaza) qu'on va faire grimper les tirages.

Message personnel

Ceci est un message personnel destiné au procureur fédéral Johan Delmulle (c'est personnel, mais vous pouvez lire quand même).

Début du message :

T'AS COMPRIS


MAINTENANT ?

Fin du message.

Signes ostensibles again

Tandis que le MR poursuit son offensive hystérique contre le "voile", la Région Wallonne offre cette année au Vatican le sapin  - 30 mètres de haut, 29.000 € transport compris - installé sur la place St-Pierre à Rome à l'occasion de Noël.

Qui plus est, une délégation officielle d'une trentaine de personnes, conduite par le ministre wallon de l'Economie (si,si, cela existe !), le "socialiste" Jean-Claude Marcourt, accompagné de son épouse comme s'il s'agissait d'une excursion dans l'Ouest américain, se rend à Rome pour aller baiser l'anneau à Benoît, chef de secte de son état.

"Le sapin sera inauguré dans l'après-midi au son des hymnes wallon, belge, et du Vatican joués par la gendarmerie du Vatican", précise Belga.  Le tout évidemment dans le strict respect de la neutralité de l'Etat et de ses "entités fédérées" vis-à-vis de la religion, vous pensez bien.

Guerre froide

C'est le retour de la guerre froide (pour commencer) ! John Le Carré va se remettre au boulot, sortir George Smiley de la naphtaline. Mais les protagonistes ne sont plus les mêmes : cette guerre froide new look met aux prises les débris de l'empire britannique et ... Israël.

Une nouvelle fois, un tribunal anglais vient d'émettre un mandat d'arrêt contre une éminente personnalité israélienne : après Ehud Barak et Shaul Mofaz , c'est Tzipi Livni qui est visée pour son rôle dans la préparation et l'exécution de l'agression sauvage contre la population de Gaza il y a un an. Elle formait en effet, avec Ehud Olmert et Ehud Barak, un triumvirat qui prenait les décisions essentielles qui ont conduit au massacre des innocents que l'on sait, constitutif au minimum de crimes de guerre et très probablement - comme relevé dans le "rapport Goldstone" - de crimes contre l'humanité.

Du coup, Tzipi Livni, peu soucieuse de connaître le sort qui fut celui de Pinochet, a annulé un déplacement en Grande-Bretagne, et le ministre israélien des Affaires Etrangères a administré au gouvernement de Londres une délicieuse leçon de démocratie (c'est un expert) en le priant de modifier la loi britannique pour faire en sorte que ces juges voyous ne puissent plus importuner les criminels de guerre en goguette sur les bords de la Tamise.

Il y a quand même assez d'Arabes sur le sol grand-breton pour que les juges s'occupent sans avoir à chercher des poux aux anciens agents du "service action" des services secrets israéliens en Europe !

Et que le gouvernement british cesse de nous emmerder avec des absurdités comme l'indépendance des juges. S'il "n'agit pas fermement et immédiatement" pour garantir que "des forces anti-israéliennes ne pourront pas utiliser le système judiciaire britannique contre Israël et ses citoyens", les relations entre les deux pays en souffriront sérieusement.

Peut-être que Gordon Brown espère qu'Israël lui rendra le genre de service que l'Argentine rendit à Margareth Thatcher en attaquant les Falklands/Malouines ? D'aucuns (Michel Warshawski) prédisaient il y a peu une nouvelle guerre israélienne pour Noël. Mais qui a dit qu'elle devait avoir lieu à Gaza ou au Liban ?

C'est mon avis et je le partage

J'invite celles/ceux, assurément rares, qui n'auraient pas encore lu le dernier numéro de la revue "Politique", à lire au moins l'article que je lui ai fourni à la demande d'Henri Goldman, intitulé "Le P.S., ce cauchemar" et qui se trouve en libre accès sur leur site : http://politique.eu.org/archives/2009/12/995.html .

Je vois une très jolie confirmation de mon diagnostic dans les dernières déclarations en date de Jean-Claude Van Cauwenberghe, qui dit, après son éviction de la vice-présidence de l'Union Socialiste Communale de Charleroi et quelques commentaires peu sympa pour lui du nouvel homme fort local : "Paul Magnette fait semblant de faire autre chose que moi, alors que ses pratiques sont rigoureusement identiques. Il place ses hommes et c'est de bonne guerre".

Leur commune incapacité à concevoir l'action politique autrement qu'en termes d'affrontements clan contre clan, et non classe contre classe, et le rôle du leader autrement qu'en exigence d'allégeance à sa personne, est caricaturale, tout comme l'empressement des courtisans à se mettre au service du nouveau maître avec autant de sincérité qu'ils en mettaient à carresser l'ancien toujours dans le sens du poil. The nightmare must go on...

Nous sommes tous des Tartaglia !

Quand un journaliste irakien a balancé ses godasses à la tête de George W. Bush, au cours d'une conférence de presse - ce qui constituait pourtant un indéniable gaspillage quand on pense au prix des chaussures - il est devenu aussitôt un héros dans tout le monde arabe, quoiqu'il ait raté sa cible à deux reprises.

Le type qui vient de frapper Silvio Berlusconi en pleine poire à coups de cathédrale de Milan (miniature) est quant à lui traité par toute la presse de "déséquilibré mental", et son papa le désavoue, alors que

  1. lui, il a atteint sa cible et du premier coup (contrairement aux tatanes, les cathédrales ne sont pas vendues par paires) !
  2. il a réussi à donner à un objet par essence totalement superflu une destination d'utilité publique
  3. sa cible est très probablement bien plus déséquilibrée que lui (même avant l'impact).

Certes, son geste est maladroit. Offrir ainsi à Berlusconi une opportunité de se poser une fois de plus en victime persécutée, c'est pas très malin, tactiquement, car tout ce qui ne le tue pas le renforce.

Et puis, viser Berlusconi à la tête, c'est une drôle d'idée. C'est environ 80-90 centimètres trop haut. Chez Berlusconi, le siège du gouvernement n'est pas au sommet de sa personne, mais environ à mi-hauteur. C'est donc là qu'il fallait frapper un grand coup, peu importe avec quoi.

Mais qu'importe ! Massimo Tartaglia (avec un nom pareil, il eut pu devenir entarteur plutôt que "encathédraleur", et aurait au moins mis les rieurs de son côté) est cependant fort injustement traité, ce me semble. Alors, tous en choeur : "nous sommes tous des Tartaglia ! nous sommes tous des Tartaglia !"

L'adresse de Ben Laden n'y était pas

Samedi dernier, les services de sécurité de l'aéroport de Tel Aviv sont entrés en efferverscence lorsque fut découvert dans mes bagages un objet hautement suspect : un GPS.

Un "bête" GPS, pas très sophistiqué, avec des cartes pas mises à jour depuis plus d'un an comme il me le rappelle chaque fois que je l'allume.

Un examen minutieux, et un appel à un spécialiste d'un mystérieux laboratoire (que l'on imagine de très très très haute technologie) leur a en effet permis de déterminer cette certitude : l'objet contient du métal. Aie ! Aie ! Aie !

Donc, m'ont-ils fort civilement notifié (on n'était à ce moment pas loin du cap des deux heures passées à fouiller mon sac à dos et à passer mes slips sales aux rayons X), il n'était absolument pas envisageable que cet appareil puisse regagner la Belgique à bord d'un vol civil.

Je leur ai demandé s'ils comptaient l'acheminer par un avion militaire, mais ça ne pas a pas fait rire.

Bref, ils ont gardé l'objet suspect, me promettant de me l'expédier "dès que possible". Ce qui - selon une source diplomatique digne de foi - signifie souvent qu'ils vont garder le truc pendant environ 6 mois.

Mauvaise langue ! En fait, trois jours plus tard le GPS miraculé était à ma disposition à l'aéroport de Zaventem.

Je ne vois qu'une explication : les barbouzes israéliens ont réalisé avec stupéfaction qu'aucune des adresses enregistrées dans l'appareil n'est susceptible s'être celle d'Oussama Ben Laden. Aucune trace non plus des nombreuses visites que j'ai rendues à Ahmadinejad pour le convaincre de s'abonner au Journal du Mardi.

Connards !

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