Le "double standard" devient progressivement la norme dans le discours public occidental et dans le champ politique. De manière de plus en plus assumée.
Les élections, tout d'abord. Truquées, elle ont fait partie des produits d'exportation traditionnels du néocolonialisme et de l'impérialisme pendant des décennies. Les Etats-Unis, en particulier, n'en ont jamais été avares. Y a-t-il un seul pays latino-américain qui n'en ait pas "bénéficié" ? Combien de tyrans et de dictateurs protégés par l'Oncle Sam ont prospéré grâce aux bourrages d'urnes, aux décomptes de voix supérieurs au nombre d'électeurs inscrits et aux menaces de mort (parfois mises à exécution) contre ceux qui votaient "mal" ?
Mais, quand on veut réduire le concept de "démocratie" à la tenue d'élections libres et à la liberté des échanges économiques, et quand on prétend au surplus exporter cette conception de la "démocratie", il faut bien faire quelques concessions à la vraisemblance, et laisser parfois les scrutins se dérouler "à la loyale". Du moins jusqu'à ce qu'on constate que certains peuples ont du mal à saisir ce qu'on attend d'eux et à s'y résigner.
Une des plus éclatantes illustrations en fut l'annulation des élections algériennes en 1991, au motif qu'elles avaient été massivement remportées par le FIS (Front Islamique du Salut). Après plus de 25 ans de régime de parti unique, instauré par le FLN en 1963, les Algériens avaient eu le mauvais goût de faire confiance au FIS pour mettre fin à un système profondément corrompu et incapable d'assurer à ce pays riche un minimum de prospérité et de justice sociale.
Coupables d'avoir "mal" voté, en fait de changement, ils allaient être servis : coup d'Etat militaire (sous des acclamations des média occidentaux) et guerre civile (jamais vraiment achevée) suscitant dans les même média des torrents de larmes de crocodiles.
Au fil du temps, la technique a été quelque peu perfectionnée, ce qui a donné par exemple les "révolutions orange" dans les miettes détachées de l'ex-empire soviétique. Mais, de temps en temps, il y a encore de mauvaises surprises, comme en Palestine en 2006. Dans sa grandeur d'âme, la "communauté internationale" avait jugé à l'époque que le Hamas - qui avait intégré le "processus politique" palestinien, qui renonçait aux attentats-suicide et dont des leaders de premier plan marquaient qu'ils acceptaient l'idée de d'une paix avec Israël dans les frontières de 1967 - était digne de participer aux élections palestiniennes de 2006.
Mais personne, apparemment, n'avait imaginé que les Palestiniens puissent sanctionner aussi durement le Fatah et l'Autorité Palestinienne, rongés par la corruption, et à qui surtout les Israéliens n'avaient pas permis d'apporter quelque amélioration tangible de leurs conditions d'existence en échange de concessions politiques majeures. La supercherie du "processus de paix", fable à l'usage des opinions publiques occidentales, ne pouvait évidemment pas tromper durablement les principaux intéressés, à savoir les Palestiniens.
Le triomphe électoral du Hamas, au terme d'un des scrutins les plus contrôlés de tous les temps et dont la régularité ne pouvait donc être contestée, fut une cruelle désillusion pour le camp occidental, qui depuis n'a pas fini d'en faire payer le prix par les Palestiniens et singulièrement par les gazaouites. Un cas unique de sanctions internationales qui frappent une population soumise à une occupation militaire et non l'occupant, qui est au contraire sans cesse gratifié d'aides massives de son puissant protecteur américain, d'une sollicitude jamais démentie de l'Europe et d'une impunité totale en ce qui concerne les crimes de guerre commis par ses dirigeants, qui sont en la matière des multi-récidivistes.
Ainsi, selon l'analyse du professeur Barbara Delcourt, du Département des Sciences politiques de l'ULB [1], "en examinant attentivement les positions politiques prises dans le cadre de la politique extérieure et de sécurité commune, il apparaît que l’UE adopte des termes très différents pour qualifier la violence en fonction de l’identité de ceux qui l’utilisent. Loin d’être neutres, les termes choisis dénotent en fait un biais en faveur de l’Etat israélien et une attitude qui neutralise en fait ses prétentions à l’équidistance."
Le "double standard", dans ce cas beaucoup plus habilement dissimulé, n'en est pas moins bien réel, il doit être dépisté, traqué, débusqué et dénoncé en chaque occasion.
Enfin, mon propos n'étant évidemment pas ici d'être exhaustif, il faut relever l'instauration du "double standard" dans le champ judiciaire.
A ce propos, je laisserai la parole à Gilad Atzmon, jazzman né en Israël, qui a servi dans l'armée israélienne et vit aujourd'hui à Londres. Ses prises de positions sont - c'est peu de le dire - controversées, d'autant qu'il anticipe les reproches classiques des milieux sionistes à l'égard de ceux qui les combattent en se définissant comme "juif qui a la haine de soi".
Mais il ne s'agit pas ici de porter une appréciation sur "l'ensemble de son oeuvre" (sur laquelle je n'ai pas d'opinion très arrêtée), mais de s'interroger avec lui sur le "cas Demjanjuk" - cet homme qu'on n'en finit pas de juger depuis la fin des années '70, en Israël, aux Etats-Unis et maintenant en Allemagne - en observant le déroulement d'un procès qui ne suscite d'intérêt qu'en Israël et en Allemagne (ce qui est curieux, car nous devrions nous intéresser à ce qui se passe dans les tribunaux de tout l'Union Européenne, dès lors que nous vivons sous le régime du "Mandat d'Arrêt Européen").
Alors que le moins que l'on puisse dire est que nombreux sont les criminels nazis d'une toute autre dimension qui ont bénéficié d'une immense mansuétude de la part des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne dans l'Allemagne occupée immédiatement après la chute du IIIème Reich, la Justice occidentale, pour quelque mystérieuse raison, semble avoir choisi Demjanjuk comme LE criminel de guerre qui, entre tous, ne doit à aucun prix bénéficier d'une quelconque impunité, fût-ce au prix de sérieuses entorses aux principes qui fondent la Justice dans un état démocratique [3] ...
Mais la pratique du "double standard" va plus loin. Voici le texte de Gilad Atzmon, publié sous le titre original "The Shoa must go on" * :
La semaine dernière, nous avons vu le survivant de l’Holocauste, Thomas Blatt, 82 ans, témoigner au procès de John Demjanjuk. Blatt a déclaré qu’il a toujours des cauchemars sur l’époque qu’il a passée au camp de Sobibor. « J’y retourne dans mes rêves, ils sont si réels. Dans mes rêves, je suis toujours là. Je ne peux sortir cela de ma tête. Voilà le prix que j’ai payé pour en être sorti. »
John Demjanjuk, né ukrainien, 89 ans, est accusé par le tribunal de Munich d’avoir été « complice » [4] de la mort de 27.900 Juifs au camp de Sobibor tout en étant un prisonnier de guerre de l’Allemagne. En effet, le système judiciaire allemand poursuit actuellement des « complices » des crimes nazis. Il est assez embarrassant qu’il ne s’y prenne pas tellement bien, dans le cas présent.
Demjanjuk nie avoir quoi que ce soit à voir avec les crimes le mettant en cause et, de plus, l’accusation allemande n’a pas la moindre preuve impliquant ou liant personnellement Demjanjuk à quelque homicide ou autre fait criminel en rapport avec l’Holocauste.
Monsieur Blatt ne se souvient pas de John Demjanjuk, et il ne peut donc pas dire s’il est coupable dans l’accusation portée contre lui d’avoir aidé à gazer 27.900 Juifs. « Plus de 60 années ont passé », a déclaré Blatt. « Je ne me souviens même plus des visages de mes parents. C’est à la cour de décider s’il était présent. S’il y était quand moi, j’y étais, alors, je peux imaginer qu’il a dû pousser des Juifs vers les chambres à gaz à la pointe de sa baïonnette. »
Selon The Mirror, Blatt a été amené au tribunal afin de « donner une voix vivante à l’horreur, au lieu d’un compte rendu historique empoussiéré ». Apparemment, dans l’actuelle situation des affaires mondiales marquée par un hyperréalisme certain, les documents et les faits historiques ne sont guère plus que de la « poussière » alors qu’un récit personnel, saturé de conjectures, d’associations d'idée et d’émotions, est perçu comme une « voix vivante » et convaincante. [...]
Monsieur Blatt a insisté pour dire que « les Ukrainiens ‘comme Demjanjuk’ étaient les pires d’entre les pires. Nous avions plus peur d’eux que des Allemands ». Il y avait « 120 gardes ukrainiens pour seulement 17 SS et ce, à n’importe quel moment », a ajouté Blatt devant le tribunal. Blatt, manifestement, ne s’en est tenu qu’à des généralisations.
Je me demande si un gamin palestinien suggérant que des Juifs « comme Blatt » ont tué sa famille voici un an en larguant des bombes sur un abri de l’ONU à Gaza, serait aussi bien accueilli au tribunal de Munich. Pour l’une ou l’autre raison bizarre, dans le contexte du discours libéral occidental, les généralisations sont les bienvenues comme l’est tout autant le libre recours à des catégories raciales, voire le fait de suggérer la culpabilité par amalgame, quand ces affirmations sont le fait de juifs. En revanche, il est conseillé au reste de l’humanité de s’abstenir de ce genre de discours.
Toutefois, le fait qu’englober tous les Ukrainiens en tant que peuple dans une accusation aussi sévère soit accepté comme une preuve au tribunal de Munich, peut jeter un certain éclairage sur la motivation sinistre qui se tient derrière ce procès actuel.
Comme le reste de l’humanité, les Allemands semblent montrer certains signes de « fatigue de la Shoah ». Ils semblent préférer effacer la responsabilité du passé nazi et refiler la patate chaude aux prisonniers de guerre ukrainiens. De même, nous pouvons présumer qu’à un moment donné, l’Amérique et la Grande-Bretagne pourraient décider de recourir à la même tactique et accuser leurs collaborateurs dans le monde arabe des carnages et des monceaux de cadavres qu’elles-mêmes ont laissés derrière eux.
Israël, qui subit actuellement des pressions en raison du nombre sans cesse croissant de ses crimes contre l’humanité, pourrait également recourir à l’astuce allemande. Il pourrait également choisir certains Palestiniens et les accuser d’avoir été des complices des crimes perpétrés contre le peuple palestinien.
Mais il y a un tour de passe-passe bien plus intéressant encore dans l’évolution de cette honteuse affaire judiciaire. Alors que Demjanjuk nie avoir été un instrument dans les crimes des nazis, Monsieur Blatt admet librement avoir travaillé pour les SS et les avoir aidés dans ce que lui-même qualifie de « machine de mort » : « Un autre boulot consistait à couper les cheveux des femmes qui étaient sur le point d’être tuées », déclare Blatt. « Celles des endroits, comme la Hollande, croyaient le mensonge », affirme-t-il. « Les femmes me disaient : ‘S’il vous plaît, ne coupez pas mes cheveux trop courts !’ . Mais les Juifs polonais, eux, savaient déjà. Ils avaient entendu trop d’histoires et senti la puanteur des feux, la nuit. » Blatt poursuit : « Ils disaient : ‘Comment pouvez-vous faire ça ? Comment pouvez-vous travailler pour les SS ?’ Je le faisais pour survivre. » (voir ICI l'interview au Spiegel)
On pourrait se demander pourquoi la volonté de survie de Blatt est plus kacher que le désir de rentrer chez lui d’un prisonnier ukrainien. En d’autres termes, si on considère le fait que Blatt admet avoir assisté les SS, pourquoi n’est-il pas accusé par le même tribunal allemand d’avoir été un « complice » des crimes nazis ?
Une réponse possible, c’est que Blatt est un Juif et que Demjanjuk est un goy. Aussi triste que cela puisse être, aux yeux d’un tribunal munichois, la volonté de « survivre » d’un Juif doit être supérieure au désir d’un Ukrainien d’arriver entier à la fin de la guerre.
Si c’est effectivement le cas, le tribunal allemand n’agit ni avec éthique ni avec impartialité. Par conséquent, il serait raisonnable de prétendre que le tribunal munichois n’a pu tirer les leçons élémentaires et nécessaires du passé nazi de l’Allemagne. D’une façon ou d’une autre, la justice allemande différencie les gens en fonction de leur race et de leur appartenance ethnique.
COMPARONS
Demjanjuk, risque 15 ans de prison. Il en a 89.
Raul Hilberg, dans sa monumentale étude historique "La destruction des juifs d'Europe" [3]
, établit avec méticulosité à quel point les vainqueurs firent
preuve d'une grande clémence vis-à-vis des criminels nazis, dont
seulement un tout petit nombre de figures emblématiques ont été
lourdement condamnées.
A propos des "douze procès successeurs de
Nuremberg," Hilberg relève (p. 2001 et suiv.) que "à peine les jugements furent-ils rédigés
que le processus des diminutions de peine s'engageait. Dans le procès
des camps de concentration, le tribunal réduisit de lui-même quatre
peines. Puis le gouverneur militaire, le général Clay, en commua une
autre. Enfin, une commission spéciale de clémence arriva des Etats-Unis,
avec mission de réexaminer (...) toutes les décisions. (...) La
commission (Clemency Board) se mit à l'oeuvre en avril 1950. Bien que
ses membres se soient sentis liés
par les faits motivant les jugements, la défense fut autorisée à produire de nouvelles preuves
et à ressortir ses vieux arguments. La commission prit alors quatre initiatives. Elle recommanda une révision vers le bas des condamnations individuelles en vertu des nouveaux témoignages portés aux dossiers. Elle préconisa que les écarts qui pouvaient exister entre les peines prononcées pour des fautes similaires soient résolus par l'adoption de la peine la moins sévère. Si la période de détention avant et pendant le procès n'avait pas été décomptée, elle le serait à présent. Enfin, la commission demanda que la remise de peine accordée aux prisonniers pour bonne conduite
soit portée de 5 jours par mois à 10 jours par mois, ce qui réduisait d'un tiers la durée des peines."
Agé de 89 ans, J. Demjanjuk est conduit au tribunal en chaise roulante.
"Le haut commissaire McCloy fut soumis à une pression considérable non pas pour simplement accepter ces recommandations, mais pour aller plus loin encore. Avec difficulté
, il commua de son propre chef plusieurs condamnations à mort. Lorsqu'il fit part de ses décisions, le 31 janvier 1951, le nombre de condamnés, 142, était réduit de plus de la moitié : 77 étaient acquittés, 50 se trouvaient encore en prison, 1 (Strauch) avait été envoyé en Belgique, les 7 condamnés du procès des médecins avaient déjà été pendus, et 5 restaient toujours condamnés à mort. Parmi les acquittés figuraient TOUS les industriels condamnés. A sa sortie de prison, Ter Meer, d'IG Farben, déclara : Maintenant qu'ils ont la Corée sur les bras, les Américains sont nettement plus compréhensifs
."
Un processus semblable, explique encore Hilberg, se déroula dans la zone d'occupation britannique, et le moins qu'on puisse écrire est que certains hauts dignitaires nazis s'en sortirent bien : "Kesselring fut condamné à mort [5], mais sa peine fut commuée en un emprisonnement à perpétuité, puis réduite à 21 ans. Libéré sur parole pour raisons de santé et gracié parce qu'on le croyait proche de sa fin, il reprit une vie active en 1952". Et quelle vie active ! Selon Wikipédia, Kesselring fut le président de l'association d'anciens combattants Der Stahlhelm (le casque d'acier) jusqu'en 1960. Il publia ses mémoires, sans jamais rien renier de son passé nazi ni de sa loyauté inaltérable à Hitler.
Après le processus décrit par Raul Hilberg viendront, sous le règne d'Adenauer, les lois d'amnistie des 31 décembre 1949 et 17 juillet 1954, la course aux pensions et aux indemnisations dont profitent des gens comme l’ex-secrétaire d'État à la Justice Franz Schlegelberger, Secrétaire d'Etat à la justice de Hitler [6], pourtant condamné à la prison à perpétuité par le tribunal de Nuremberg, l'indulgence de la justice ouest-allemande à compter du procès d'Ulm qui s'explique aussi par la deuxième carrière de certains juges nazis...
Alors, pourquoi Demjanjuk, 65 ans après ?
Pourquoi devant un tribunal d'un Etat dans lequel les faits qui lui sont reprochés n'ont pas eu lieu (c'était en Pologne), dont il n'est pas citoyen et où il n'a résidé que peu de temps, il y a plus de 50 ans ?
Pourquoi devant des magistrats issus d'un corps dans lequel - comme il est dit ci-dessus - pas mal de nazis ont prospéré bien après la guerre ?
Pourquoi pas, puisque personne n'a vraiment envie de défendre ce type, après tout...
Mais quel rapport avec la justice ?
* merci à Jean-Marie pour la traduction express et experte.
[1] qui prononcera une conférence sur « L’Union européenne et l’usage de la violence dans le conflit israélo-palestinien : le droit de résistance en question » le 19 février à 20h à l'Université de Liège, Salle M. Wilmotte, 3e étage (Place Cockerill 3), à l'invitation du "Centre Culturel Arabe en Pays de Liège".
[2] Un « complice », dans le contexte de l’article de Gilad Atzmon, est une personne
qui aide à la perpétration d’un crime mais qui, en fait, ne participe
pas de ses propres mains à la perpétration de ce crime.
[3] A cet égard ils faut saluer l'indépendance et l'impartialité des juges israéliens qui en 1993 ont mis à néant, au nom du "doute raisonnable", le jugement de première instance qui le condamnait à mort. On n'en dira pas autant de ceux qui s'étaient empressés de le priver de sa nationalité américaine (acquise en 1958, au moment de son extradition vers Israël (donc avant tout jugement sur le fond) et qui furent ensuite piteusement contraints de la lui restituer.
[4] Raul Hilberg - La destruction des juifs d'Europe - 3 volumes "Folio histoire" - voir dans le volume 3, pp. 1970 à 2063
[5] pour complicité dans le massacre de 335 civils à Rome (dont une minorité de juifs rafflés dans le ghetto car il n'y avait pas assez de prisonniers de droit commun pour arriver au chiffre fixé) : le fameux "
Massacre des Fosses adréatines". Certains des auteurs directs du massacre, commis en représailles après un attentat contre l'armée allemande (32 morts), s'en tirèrent
à très peu de frais, le châtiment étant au surplus particulièrement tardif.
[6] Il fut libéré en 1950, à 74 ans (il avait donc 15 ans de moins que Demjanjuk aujourd'hui), pour "raisons de santé". il a encore vécu 20 ans ! Sa pension mensuelle se montait à 2.894 Deutsche Mark, à une époque où le revenu moyen en Allemagne de Ouest était de 535 DM par mois.