Un p'tit porno, ça vous dit ? Avec un soupçon de dérision ? C'est encore mieux.
Belle marchandise, non ?
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jeudi 02 juillet 2009
Par Luc Delval le jeudi 02 juillet 2009, 21:35 - Le ridicule tue. Ou pas ?
Un p'tit porno, ça vous dit ? Avec un soupçon de dérision ? C'est encore mieux.
Belle marchandise, non ?
dimanche 21 juin 2009
Par Luc Delval le dimanche 21 juin 2009, 19:39 - Les amis de nos amis
On reproche souvent aux gouvernements et aux organisations internationales - l'Union Européenne en tête - de vouloir appliquer à toutes choses, y compris où cela n'a pas lieu d'être, comme le secteur de la santé, celui de l'enseignement et de la culture, une "logique comptable" aveugle et déshumanisante.
Brisons pourtant une lance en faveur d'une logique comptable, pour qu'elle prévale où - il me semble - elle n'a hélas aucune chance de s'imposer.
Le gouvernement israélien vient de soumettre au parlement un projet de budget qui intègre des investissements de 250.000.000 de dollars pour la colonisation de la Cisjordanie, dont la moitié environ pour "diverses dépenses de sécurité" selon la radio de l'armée israélienne. En clair, "diverses dépenses de sécurité" - expression qui fait évidemment partie de la "novlangue" du pouvoir israélien - peut se traduire par quelque chose comme"mille et une manières de rendre la vie encore plus insupportable pour les Palestiniens et leur signifier à chaque instant de chaque journée que cette terre, quoiqu'on puisse dire dans les discours destinés à l'étranger, ne leur appartient plus et ne leur appartiendra plus jamais".
Selon les média, Yariv Oppenheimer, le secrétaire général du mouvement "La Paix Maintenant" (intitulé qui doit se lire à mon sens comme "Foutez-nous la paix maintenant"), a pour sa part estimé que les chiffres réels d'investissements publics dans les colonies étaient beaucoup plus élevés et "dissimulés dans plusieurs chapitres du budget".
Les militants des organisations de colons juifs orthodoxes multiplient les constructions sauvages en Cisjordanie, pour affirmer la présence juive pratiquement au sommet de chaque colline (ici, l'érection d'une synagogue, point de départ d'une nouvelle colonie)...
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Sporadiquement, l'armée israélienne intervient pour démanteler des "implantations illégales" (appellation destinée à faire croire que d'autres sont "légales"), qui relèvent du domaine du bricolage et qui, le cas échéant, seront reconstruites dès que les soldats, les équipes de télévision et les photographes seront partis. Objectif : montrer avec quelle détermination le gouvernement israélien lutte contre la multiplication des colonies, comme il s'y est engagé. On filme aussi le désespoir démonstratif dont les juifs orthodoxes font alors preuve (ils ont de l'entraînement, c'est une pièce longuement répétée lors de l'évacuation de la bande de Gaza).
Mais pendant que se déroule ce show, les choses sérieuses se passent ailleurs : des chantiers gigantesques, au déroulement desquels les autorités d'occupation et l'armée apportent toute l'aide possible et imaginable.
De fait, le journal Haaretz affirmait dans ses éditions du 7 mai dernier qu'on assiste depuis quelques mois à "la plus importante accélération depuis 2003"des constructions israéliennes de toutes sortes en Cisjordanie : nouvelles "implantations", nouvelles routes, projets immobiliers de grande envergure ou simples baraquements de planches érigés par des extrémistes de droite pour prendre possesion d'autant de terres palestiniennes que possible... une course est engagée entre l'administration américaine et le gouvernement Netanyahou.
Israël étant théoriquement lié par l'engagement pris vis-à-vis de l'administration Bush par Ariel Sharon, qui s'était engagé à démanteler les "implantations illégales" construites après mars 2001 (ce qui était un tout de passe-passe pour accréditer l'idée que d'autres sont "légales" et donc doivent subsister, alors qu'en droit internationale TOUTES les implantations juives en Cisjordanie et à Jérusalem-est - environs 300.000 habitants au total - sont illégales), le gouvernement Natanyahou met en scène, tantôt ici, tantôt là, des opérations de démolition ("But evacuations have been carried out languidly and with long intervals", dit Haaretz) purement symboliques et à usage médiatique, le clou du spectacle étant les affrontements entre soldats et colons qui sont supposés démontrer la lourdeur des sacrifices consentis par les israéliens.
J'y viens.
Pour commencer, corrigeons l'estimation budgétaire du gouvernement israélien pour tenir compte des objections de bon sens de "La Paix Maintenant", et estimons avec prudence et modération que le véritable budget de la colonisation - disons plutôt le budget de la spoliation - est de l'ordre de 300 millions de dollars au minimum.
300 millions, c'est tout juste un dixième de l'aide militaire annuelle que les Etats-Unis apportent à Israël en vertu d'un accord couvrant les années 2008 à 2018 conclu avec l'administration Bush, qui avait ainsi augmenté de 25% le montant de cette aide. Un accord qu'Obama a manifesté l'intention de respecter à la lettre (ce qui était peut-être bien une condition indispensable à son élection).
Il est à noter que cette aide militaire de 3 milliards par an n'est qu'un des multiples canaux que prend l'aide U.S. qui se déverse en continu dans les caisses de l'état d'Israël. De 1951 à 2006, l'aide bilatérale américaine en faveur d'Israël a totalisé 162 milliards de dollars, soit davantage pour ce pays de 7 millions d'habitants que pour toute l'Amérique latine et les Caraïbes [1].
Le moins que l'on puisse attendre, en toute logique, du Président Obama, qui affiche sa volonté de mettre un terme à l'expansion de la colonisation juive en Palestine, serait qu'il annonce immédiatement la réduction du montant de l'aide militaire U.S. à due concurrence du budget de la spoliation, jusqu'à ce que le gouvernement Netanyahou y renonce.
Une réduction de l'ordre de 10% de cette aide, qui a augmenté de 25% en 2008, ne pourrait sérieusement être considérée comme mettant gravement en péril la sécurité d'Israël (sujet tabou s'il en est au Congrès U.S.), d'autant qu'il ne tiendrait qu'au gouvernement israélien de retrouver le statu quo ante en se conformant à la fois à la volonté affichée par Obama, au droit international, aux résolutions de l'ONU, etc... Bref, qu'Israël cesse de se comporter comme un état voyou, et le pognon coulerait à nouveau à flots. Un bon deal, non ?
Voilà donc une "logique comptable" qui pour le coup démontrerait que la volonté affichée par Washington face à Netanyahou est sérieuse et que le doigt d'honneur que celui-ci a adressé à Obama dans son récent discours a bien été enregistré, sans pour autant mettre Israël le moins du monde en danger.
Mais, allez savoir pour quoi, je n'y crois pas trop. Alors je n'ai plus qu'un argument à adresser à Barack : "allez, un bon mouvement, fais-le pour moi, ça me ferait tellement plaisir..." (comme ça, si d'aventure il le fait je pourrai dire partout que c'est grâce à moi et mon prestige personnel en sera sérieusement revalorisé auprès de ma concierge).
[1] "Qui arme Israël et le Hamas ? - La paix passée par les armes" - Dossier édité par le GRIP, l'Observatoire des armements et Amnesty International, p. 14
vendredi 19 juin 2009
Par Luc Delval le vendredi 19 juin 2009, 20:46 - Belgium, one point
Israël n'a pas, loin s'en faut, le monopole des "traitements inhumains et dégradants". Pas la peine d'aller bien loin pour en trouver des exemples.
Les délégués syndicaux du personnel de la prison de Jamioulx se sont mis en grève pour protester contre les conditions de travail dans cet établissement pénitentiaire où s'entassent 440 détenus, presque tous en détention provisoire AVANT jugement (donc légalement présumés innocents), alors qu'il n'y a "que" 267 places.
Les détenus sont par conséquent en général à trois par cellule, et un certain nombre d'entre eux sont contraints de dormir sur le sol, faute de lit disponible.
Même dans des conditions "normales", la détention est une chose extrêmement pénible, mais que dire quand des conditions qu'il faut bien qualifier d'inhumaines sont de la sorte imposées tant aux prisonniers qu'à ceux qui ont en charge le fonctionnement de la prison !
Un des délégués grévistes témoignait, vendredi soir au JT de la RTBF, de la dégradation des conditions d'existence ; les installations qui produisent l'eau chaude "ne suivent plus", les cuisines elles-mêmes ne sont plus capables de fournir la nourriture en quantité suffisante. Déjà que la gastronomie pénitentiaire laisse beaucoup à désirer même dans les prisons que certains - qui n'ont même pas conscience de l'énormité de leurs propos, et qui n'ont pour excuse que de n'avoir sans doute jamais mis les pieds dans une prison * - osent qualifier de "quatre étoiles"... Les "intervenants extérieurs" (services médicaux, assistants sociaux, personnes chargées de dispenser des formations,..) ne peuvent évidemment plus travailler normalement non plus.
Bref, les conditions sanitaires sont gravement compromises, et cela engage lourdement la responsabilité de l'Etat. Je m'étonne que des actions en dommages-intérêts n'aient pas été entreprises depuis longtemps à la suite des dégâts, certainement irréversibles dans certains cas, que ces conditions de détention ne peuvent manquer d'avoir sur la santé physique et mentale de ceux qui y sont soumis.
Comment imaginer qu'un détenu puisse, dans ces conditions, préparer sa défense, préparer son retour dans la société, voire (car ils se peut aussi, par extraordinaire, que certains soient coupables... qui sait ?) faire son examen de conscience ?
L'ironie veut que ce scandale - autrement grave que de savoir si Guy Coeme ou José Happart ont fait preuve d'une éthique à toute épreuve - est mis en évidence au moment où la Belgique prend la présidence du "Conseil des Droits de l'Homme" de l'ONU.
Karel De gucht, à qui on ne connaissait pas ce tempérament de pince-sans-rire, indique dans un communiqué triomphal que la nomination de notre ambassadeur à la président de ce conseil "est une reconnaissance des compétences de la Belgique en matière des droits de l'homme. Cette décision est à placer dans la perspective de la politique déterminée de notre pays en faveur de la promotion et de la protection des droits de l'homme et libertés fondamentales partout dans le monde ainsi que de la défense de leur universalité".
"Partout dans le monde", mais quand même pas à Jamioulx et dans quelques autres maison d'arrêt du pays. Faut pas exagérer...
(P.S. : elles s'arrêtent d'ailleurs aussi aux portes de l'Eglise du Béguinage, et de tous les endroits où des "sans papiers" tentent d'obtenir depuis des mois que notre gouvernement mérite un tant soit peu la réputation de pays civilisé dont, contre toute raison, la Belgique reste gratifiée aux yeux du monde).
Par Luc Delval le vendredi 19 juin 2009, 11:28 - Les amis de nos amis
La connerie militaire n'a pas de patrie, pas de latitude ou de longitude de prédilection. Elle est de toujours et de partout. Et elle est bien ancrée.
Le site du journal israélien Haaretz signale, dans un très long article, l'existence sur YouTube d'une vidéo tournée par des vopos garde-frontière israéliens, où l'on voit un jeune arabe, obligé - sous la menace des armes, il ne faut pas l'oublier même si on ne les voit pas à l'image - de se gifler et de répéter ce que les valeureux défenseurs d'Israël (qui, comme chacun sait, à chaque instant luttent pour la survie de ce pauvre petit état assiégé depuis le jour de sa naissance) lui dictent.
Le mieux, ou en tous cas le plus simple, c'est de visionner ce chef d'oeuvre (rassurez-vous c'est moins d'une minute).
Les propos que le jeune homme, visiblement effrayé, est obligé de répéter, tout en se frappant la face, sont 'Ana behibak Mishmar Hagvul'
, c'est-à-dire "j'aime la police des frontières", dans un mélange d'arabe et d'hébreu.
Après quelques secondes, tandis que l'on entend le rire fin et distingué de l'Israélien qui est à la bonne extrémité du fusil, il est contraint d'ajouter 'Wahad hummus wahad ful' (et me semble-t-il une autre phrase où figure le mot "Palestine" ?), puis ses tortionnaires se lassent et on entend l'ordre "Yallah, rukh, rukh, rukh" ("rukh" étant l'équivalent local de "raus", dont vous n'ignorez pas le sens si d'aventure vous avez vu une production hollywoodienne consacrée à la deuxième guerre mondiale). La caméra pivote alors et on aperçoit de manière fugace l'avant d'un véhicule militaire israélien.
Après avoir tourné ces images, les garde-frontière israéliens ont donc - sans doute légitimement mus par un sentiment de devoir accompli : l'humiliation d'un Arabe - tenu à partager ces images avec le monde entier.
Les premiers commentaires, émanant probablement de collègues ou de connaissances des auteurs de la vidéo, étaient tous approbateurs : "Voilà comment il faut les traiter ! Arabes puants !" ou "Vous auriez mieux fait de l'abattre !! Fils de pute !!!". Les quelques internautes qui exprimaient un peu de pitié pour le jeune homme humilié, ne le faisaient pas sans restrictions. Exemple : "Un peu de pitié pour ce gars, même si c'est un Arabe. Il avait fait quelque chose ?".
Plus que d'une vidéo en particulier, c'est d'un phénomène qu'il s'agit, et de se poser la question - comme le fait Haaretz des raisons qui poussent les soldats israéliens à adopter de tels comportements, quelle satisfaction ils éprouvent en humiliant sans raison la population arabe, puis à diffuser les images de ces exploits héroiques.
Haaretz affirme en effet que cette vidéo est loin d'être la seule du genre. Ses journalistes, dit le journal, en ont trouvé plusieurs autres sur le Web, où l'on voit des Arabes brutalisés et humiliés par la police militaire israélienne des frontières. Le visage de leurs tourmenteurs est très rarement visible. Les commentaires laissés par les internautes sont en général du même tonneau.
Selon un témoignage recueilli par Haaretz, le fait de devoir chanter la gloire des gardes frontières, ou de se frapper soi-même la face, n'est pas la pire des humiliations infligées quotidiennement aux Palestiniens. Se tenir sur les genoux, baisser son pantalon, voire se déshabiller complètement... cela fait partie de la vie quotidienne.
Haaretz a interrogé un psychiatre, le Dr Ruhama Marton, président de "Médecins pour les Droits de l'Homme", aux yeux de qui "le groupe de combat a une morale collective. En d'autres mots, les membres du groupe ne développent pas les zones de conscience et de moralité personnelles, un sens personnel du bien et du mal, ou ils tentent de les ignorer. Un phénomène de moralité de groupe en résulte, qui se caractérise par le sentiment que ce qui est bon pour le groupe est bon, bien et juste, et ce qui sert le groupe est moral Si l'esprit du groupe dit que les Arabes ne sont pas vraiment des êtres humains, c'est ce qui est déterminant. Et si ce ne sont pas vraiment des êtres humains, les humilier ce n'est pas la même chose que si on m'humiliait moi." Intéressante théorie, qui a déjà fait bien de l'usage aux avocats de criminels de guerre (dans les rares cas où ils sont jugés), sous toutes les latitudes.
Ce qui étonne, en fin de compte, ce n'est pas d'apprendre que les troupes d'occupation israéliennes se comportent de manière brutale et humiliante envers la population arabe. Les statistiques des morts et des blessés sont à cet égard éloquentes et connues de longue date, et toutes les armées d'occupation ont en fin de compte des comportements similaires, à des degrés divers (l'attitude plus ou moins ferme de la hiérarchie militaire est à cet égard importante).
Non, ce qui étonne le plus, c'est l'étonnement et l'indignation de Haaretz. D'une part parce que le problème n'est pas récent (certaines des vidéos incriminées datent de 2007, et bien entendu les soldats n'avaient pas une attitude plus noble quand YouTube n'existait pas encore) , et d'autre part comment s'étonner de ces comportements quand on sait, par exemple, que le Rabbinat en Chef des armées a fait distribuer, lors de la récente et criminelle agression contre la population de Gaza, une brochure spéciale exhortant les soldats entrant dans la bande de Gaza à ne pas s’encombrer de scrupules moraux ou de lois internationales et à combattre “sans pitié” ni merci les Gazaouis, miliciens et civils confondus en “assassins”. Le fait était à l'époque rapporté sur le site "Deux Ex Machina", consacré à "la géopolitique des religions", qui signalait en outre que des tracts ont circulé au sein des unités combattantes israéliennes, dont l'un qui "incitait ouvertement les soldats à rester indifférents au sort des civils palestiniens tous forcément “coupables”. Et d’invoquer en exemple l’éminent théologien judéo-andalou, Abou Amran Moussa Maïmonide (1135-1204) en extirpant de son célèbre et subtil “Guide des égarés” cette discutable mise en garde aux fidèles juifs : “Il ne faut pas se laisser influencer par la folie des Goys – il s’agit ici des chrétiens – qui éprouvent de la pitié pour leurs ennemis”. "
Comment, aussi, comprendre cet étonnement après avoir lu, dans Haartez justement, le 4 juin dernier, cet article de Shulamit Aloni, intitulé :"Israël est contrôlé par le fanatisme religieux". Elle y évoquait une lettre adressée par Lord Rotschild à Theodor Herzl, en 1902, dans laquelle il expliquait les raisons de son refus de soutenir la création d'un état juif en Palestine, et écrivait :
"[I] should view with horror the establishment of a Jewish colony pure and simple; such a colony would be Imperium Imperio; it would be a Ghetto with the prejudice of the Ghetto; it would be a small petty Jewish state, orthodox and illiberal, excluding the Gentile and the Christian."
Pourtant, disait-elle, lorsqu'Israël fut créé en tant qu'Etat, sa déclaration d'indépendance affirmait sa volonté d'assurer "la complète égalité des droits sociaux et politiques de tous ses habitants, quelle que soit leur religion, leur race ou leur sexe" et de garantir "la liberté de religion, de conscience, de langage, d'éducation et de culture" Et beaucoup y ont cru, qui doivent aujourd'hui constater que les prédictions de Lord Rotschild, au début du siècle passé, se réalisent de jour en jour un peu plus :
"A unique people," wrote David Ben-Gurion. Alas, for that uniqueness. Instead of a Jewish and democratic state they have delivered us a Jewish state controlled by religious fanaticism, one that maintains the purity of the race. They have delivered a democracy in the most primitive sense - not the preservation of democratic values but rule by the demos, the populace that is dictating the transformation of Israel into a totalitarian ethnocracy."
C'est de cela, me semble-t-il, que l'édifiante petite vidéo ci-dessus est le symptome accablant.
mardi 16 juin 2009
Par Luc Delval le mardi 16 juin 2009, 23:09 - Les amis de nos amis
Vous savez pas quoi ? Qu'est-ce que j'ai appris ? Il paraît que le ministre israélien de la "sécurité intérieure" serait peut-être bien un peu raciste sur les bords ! Noooooonn ? Siiiiiiii ? In-croy-aaaaable !
Les faits, rien que les faits (pour commencer).
Yitzhak Aharonovitch, qui appartient au parti [1] d'Avigdor Lieberman "Yisrael Beiteinu", visitait mardi une gare routière à Tel Aviv. Un endroit qui évidemment grouille de flics en civil, vu la crainte des attentats.
Le ministre a demandé à rencontrer un de ces policiers. En se présentant, celui-ci s'est excusé de porter des vêtements quelque peu sales. "Sale ? T'as l'air d'un vrai sale arabe", a répondu Aharonovitch.
Or, il y avait un micro et une caméra. Scandale. Car au XXIième siècle on peut bombarder des villes en utilisant des bombes au phosphore ou d'autres saloperies du genre, on peut envoyer des snippers qui tirent sur femmes et enfants, on peut affamer toute une population en bloquant les approvisonnements vitaux pendant des mois... tout le monde, dans les grands média, est d'accord pour dire que c'est peut-être pas bien mais que, hein, quelque part ils l'ont quand même un peu cherché... Fallait y penser avant de voter pour le Hamas.
Faut avoir le courage de dire les choses : il y a parfois du laisser-aller chez certains Arabes (ici dans une école de Gaza en janvier 2009), alors que...
.. dans le camp sioniste (ici, un conseiller de Nicolas Sarkozy qui n'a pas peur d'aller "au contact"), on sait se tenir, on garde une certaine allure en toutes circonstances.
Mais dire à quelqu'un, même en plaisantant, qu'il ressemble à un "sale arabe", c'est trop ! Il faut qu'il y ait des limites aux bornes, et là elles sont dépassés. Qu'on tue plus de 1.300 personnes, dont plus de 400 enfants et une centaine de femmes, passe encore. Mais qu'on traite quelqu'un de "sale arabe", c'est inacceptable. D'autant que, soyons sérieux, il l'était pas. Arabe. Ce flic en civil. Il était juste sale. Mais il l'a pas traité de "sale flic" (c'est pas son genre d'humour). Donc il l'a traité de "sale Arabe". Et toute la presse gueule, même en Israël.
Et le voilà, donc, Aharonovitch,qui jure ses grands dieux (enfin non, il appartient à un des grands monothéismes...) Donc il jure son grand dieu que ces propos "ne reflètent nullement sa vision du monde", et qu'il n'a en aucun cas voulu blesser qui que ce soit. Vous pensez bien. Blesser c'est pas son genre : son genre c'est de tirer pour tuer.
Enfin, à quelque chose cette histoire est bonne : voilà que le vertueux Occident chrétien se rend soudain compte, grâce à la vigilance sans faille de ses média, que dans le gouvernement israélien il n'y a pas que des types convenables et bien élevés. Surprise, surprise [2] !
[1] notoirement fasciste, ce parti préconise "le transfert" des Palestiniens de Cisjordanie, c'est-à-dire leur expulsion massive vers la Jordanie ou ailleurs, pour faite place nette avant une annexion pure et simple des territoires conquis en 1967, histoire d'achever ce que les sionistes ont entreprise en 1948 (et avant).
[2] Ben oui, il y avait une caméra.
lundi 15 juin 2009
Par Luc Delval le lundi 15 juin 2009, 23:32 - L'Europe comme elle va
Des images révoltantes nous parviennent à flux continu d'Iran, où la sauvagerie de la répression policière dépasse vraiment l'entendement. Le spectacle des policiers iraniens, armés jusqu'aux dents, qui s'acharnent contre des civils désarmés qui ne réclament qu'un peu de démocratie lève le coeur.
Comme on dit sur RTL-Tvi, où tout bon journaliste sait que pour qu'une élection soit véritablement démocratique il importe peu de savoir pour qui les électeurs votent, ce qui compte c'est que le favori désigné par l'Occident omniscient et bienveillant triomphe [1] : "Il fallait être bien naïfs pour imaginer que le régime des mollahs allait respecter le jeu démocratique".
Quelques exemples :






C'est pas en Europe laïque et démocratique qu'on verrait des scènes aussi révoltantes (notons la perfidie typiquement musulmane qui pousse les flics iraniens à se camoufler sous des uniformes de robocops de la police française, italienne ou britannique) !
D'ailleurs, si ça arrivait, ce serait la révolution tout de suite. Non ?
[1] ceux qui auraient à ce propos des trous de mémoire trouveront de multiples exemples dans "La Fabrique du consentement" de Noam Chomsky et Edward Herman (Ed. Agone et Contre-Feu" - 653 pages écrites en tout petit du haut jusque z'en bas, pour seulement 28 €). Rappelons seulement ici le cas du Hamas, à Gaza : peu importe que les élections aient eu lieu dans des conditions manifestement régulières, les gouvernement occidentaux en ont instantanément déclaré les résultats inacceptables.
Par Luc Delval le lundi 15 juin 2009, 00:21 - Les amis de nos amis
Netanyahiou a prononcé un discours qui ressemble à s'y méprendre à un doigt d'honneur en direction d'Obama.
Certes, il se proclame désormais favorable à la création d'un Etat palestinien, mais selon la bonne vieille tactique utilisée depuis toujours par Israël - qui ne dit jamais franchement "non" à des amis - il pose une série de conditions telles qu'il sait fort bien qu'elles sont absolument impossibles à réaliser.
Selon l'interprétation qu'on choisit, c'est donc un "non" poli ou au contraire un "non" accompagné d'un solide foutage de gueule : non seulement Netanyahou ne cède pas un pouce, mais on peut penser qu'il prend vraiment Obama et tous les dirigeants de la sacro-sainte "communauté internationale" pour des débiles, avec ses ruses grossières.
Mais en fait non, il n'en rien, parce que le tout n'est qu'une comédie, dont l'objectif et que, si tout se passe comme prévu, ce sont une fois encore les Palestiniens qui apparaîtront comme ceux qui disent encore et toujours "non".
C'est par exemple le scénario qu'avait déjà utilisé le gouvernement israélien à propos de la "Feuille de route" du "Quartette" (Etats-Unis, ONU, Union Européennes et Russie) en 2003 : il l'avait officiellement "accueillie favorablement", mais avait seulement posé 14 conditions à sa mise en oeuvre... 14 conditions dont chacune vidait le plan de toute substance et le rendait totalement inacceptable et impropre à instaurer une "paix juste et durable".
Mais qu'importe, Israël avait dit "oui" et une fois de plus ce sont ces enfoirés de Palestiniens qui refusaient, preuve que leur unique but est de détruire Israël et que leur unique guide est un antisémitisme forcené... N'avaient-ils pas tout aussi bien refusé les "offres généreuses" d'Israël à Camp David ? Des offres dont on sait aujourd'hui de manière irréfutable qu'elles n'ont jamais existé que comme instruments d'une désinformation massive de l'opinion mondiale...
De la même manière, Netanyahou est aujourd'hui d'une bonne volonté à peine croyable à propos de la création d'un Etat palestinien. Seulement, les frontière en seront unilatéralement fixées par Israël, il ne pourra jamais au grand jamais disposer d'une armée, il n'est pas question qu'Israël contribue à la solution du problème des réfugiés palestiniens, il n'est pas question de démanteler les colonies juives en Cisjordanie, ni même d'en arrêter la soi-disant "croissance naturelle", etc, etc... Et, bien entendu, pas la moindre concession concernant Jérusalem, d'où 9.000 arabes sont sur le point d'être expulsés pour céder la place à des habitants juifs. Ils avaient jusqu'à ce dimanche pour démolir eux-mêmes leurs maisons, faute de quoi ce sera fait par Israël... mais à leurs frais.
"Le territoire alloué aux Palestiniens sera sans armée, sans contrôle de l'espace aérien, sans entrée d'armes, sans la possibilité de nouer des alliances avec l'Iran ou le Hezbollah", a-t-il dit. Le terme "alloué" vaut à lui seul son pesant de suffisance et de mépris, et le reste indique clairement que la théorie de la "souveraineté limitée" n'a pas disparu avec l'empire soviétique...
Et que fait, croyez-vous, Obama ?
Et bien celui dont une grande partie du monde arabe avait applaudi le discours du Caire est positivement RA-VI !
A peine Netanyahou avait-il terminé son discours que la Maison Blanche (dont on imagine mal qu'elle n'avait pas eu, d'une manière ou d'une autre, la primeur du contenu de ce discours) a salué "l'important pas en avant" qu'a fait le Premier ministre israélien selon Obama.
Celui-ci fait semblant de croire que Netanyahou est soudain devenu favorable à "une solution à deux Etats, un Etat juif d'Israël et une Palestine indépendante, dans le berceau historique des deux peuples".
On peut gloser à l'infini ce que signifie l'expression "le berceau historique des deux peuples" (qui s'agissant des juifs repose sur une lecture littérale des saintes écritures...), mais qu'importe : plus que jamais il se confirme que l'unique et commune obsession de tous les dirigeants israéliens est de réduire à néant, ou à très très peu de choses, l'objet même d'une éventuelle future négociation sur le statut final des territoires palestiniens, négociations qu'ils s'emploient à repousser encore, encore et encore... jusqu'à ce qu'elle soit devenue sans objet.
Mahmoud Abbas, lui aussi, joue son rôle à la perfection : il a accusé Nethanyahou de vouloir "entraver les efforts visant à sauver les processus de paix dans un clair défi à l'administration américaine", au moment même où Obama battait joyeusement des mains pour saluer les propos de "Bibi"...
J'oubliais un détail : l'aviation israélienne a bombardé le sud de la bande de Gaza, dimanche. Officiellement, c'était une riposte au tir d'un Quassam dans le désert du Néguev...
samedi 13 juin 2009
Par Luc Delval le samedi 13 juin 2009, 20:37 - Les amis de nos amis
Denis sieffert, directeur de la rédaction de l'hebdo français "Politis" vient de publier "La nouvelle guerre médiatique israélienne" [1], qui fait suite à un de ses précédents ouvrages, "La Guerre israélienne de l'information. Désinformation et fausses symétries dans le conflit israélo-palestinien", co-signé avec Joss Dray en 2002. J'en achève la lecture, pleine d'enseignements, et je vous le recommande.
Voici un interview de l'auteur (provenant du site www.affaires-strategiques.info.
Les questions auxquelles il répond sont :
[1] Editions La Découverte, 11,5 €
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Les morts sont tous des braves types, Karel Van Miert y compris.
On préfèrera donc rire (un peu jaune quand même) à la rediffusion de l'interview télévisée dans lequel ce "socialiste" emblématique, alors commissaire européen à la concurrence, expliquait pourquoi selon lui il s'imposait d'ouvrir les services postaux à la concurrence : "la Poste, expliquait-il, ne fonctionne pas comme il le faudrait, en termes de qualité de service, rapidité de service, etc...".
On "libéralisa" donc.
Résultat : la moitié des bureaux de Poste a été fermée ou le sera bientôt (sans qu'un seul guichet supplémentaire soit ouvert dans ceux qui subsistent) sans aucun égard pour les besoins de la population, les tarifs ont flambé (et ce n'est sans doute pas fini), les facteurs sont transformés en distributeurs robotisés d'imprimés publicitaires et les guichetiers en vendeurs de produits financiers à la con et de billets de loteries. Et il faut se préparer à des "innovations" enthousiasmantes comme celles que la Poste française a récemment introduites : pour recevoir leur courrier en début de matinée les entreprises devront désormais payer plusieurs milliers d'Euros par an, sans quoi il arrivera quand il arrivera...
Van Miert est tombé de l'échelle sociale, mais hélas son oeuvre lui survit.
23/06/2009, par Luc Delval
aucun commentaire
Sarkozy confie le ministère de la culture et de la Communication * à Frédéric Mitterrand. Les commentateurs superficiels ou intéressés (ou les deux) ne manqueront pas d'en conclure que l'über-président français vient encore de faire une prise de choix dans les rangs de la "gauche".
C'est doublement une erreur.
D'une part parce que l'appartenance ou non à la "gauche" ne tient ni à un patronyme ni à un patrimoine génétique.
D'autre part parce que quand bien même cela serait, Mitterrand, l'autre, a mené à droite, et même pour partie très très à droite, une bonne partie de sa très longue et très tortueuse carrière politique, qui avait commencé non pas en mai 1981 mais en 1935 avec ses amis de "La Cagoule" avec qui il manifestait au Quartier Latin contre la présence d'immigrés juifs dans les universités françaises sous le mot d’ordre « Contre l’invasion métèque ! », puis en 1942 à la "Légion française des combattants et des volontaires de la révolution nationale", organisation vychiste qui fut le berceau de la Milice. Et si beaucoup plus tard il fit alliance avec les communistes, c'était parce que c'était l'unique moyen pour lui d'accéder au pouvoir et le plus efficace pour dissoudre de facto le PCF en tant qu'organisation de la classe ouvrière.
En acceptant de figurer au nombre des ministre de Sarkozy, Frédéric Mitterrand ne rompt donc nullement avec la lignée, il revient au contraire aux sources du mitterrandisme, celle de la collaboration avec le pétainisme, dont la forme moderne qui gouverne aujourd'hui la France porte le nom de Sarkozy.
* l'absence ici de capitale à "culture" et sa présence au contraire à "Communication" ne doit rien au hasard, c'est le signe de où se portent les véritables préoccupations du régime)
23/06/2009, par Luc Delval
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Je suis saisi d'un doute. Denis Ducarme (MR) est-il un satané connard ou un sacré connard ?
22/06/2009, par Luc Delval
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Jean-Michel Javeau était dimanche l'invité de Pascal Vrebos sur RTL-Tvi. Se pliant à l'exercice rituel idiot de l'émission, il a délivré des cotes sur 10 à une série de personnalités et d'événements.
José Happart a eu droit à un 2/10 pour son attitude déplaisante envers Ecolo.
Ahmadinejad a obtenu quant à lui 3/10 parce que "on sait très bien que Ahmadinejad est probablement la plus grosse menace sur l'ensemble de la planète actuellement".
Voilà qui situe utilement l'ordre des priorités de son excellence le co-président d'Ecolo : il vaut mieux représenter une menace planétaire (pire que le réchauffement du climat !) que risquer de heurter sa susceptibilité. Ca promet !
22/06/2009, par Luc Delval
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Des restes humains - plus précisément appartenant à l'Homo antecessor (-800.000 ans environ) - fossilisés découvert à Atapuerca, en Espagne, le démontrent : cette population venue d'Afrique via le Proche-Orient, l'Italie et la France était communiste (le résultat sans doutes de pernicieuses influences subies au cours de ce périple).
Selon les scientifiques "ces fossiles - dont un certain nombre sont des adolescents ou des enfants - présentent comme les ossements d'animaux auxquels ils étaient mélangés (réunissant tous les éléments caractéristiques
d'une accumulation d'os utilisés par les êtres humains) des marques de couteaux
en pierre, de dépeçage. Ceci nous donne une idée de cannibalisme de type
gastronomique, et non rituel, car ils n'avaient pas la capacité
symbolique qu'a l'être humain d'aujourd'hui", précisent-ils, avant d'ajouter encore que cette consommation de chair humaine était continue et non ponctuelle et qu'elle n'était pas liée à une nécessité de survie car la zone d'habitat choisie par nos ancêtres présentait d'importantes ressources en chasse, pèche, et traditions cueillette.
Conclusions : ces lointains parents bouffaient des petits enfants. Et qui bouffe les petits enfants ? Le communistes ! CQFD.
21/06/2009, par Luc Delval
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La France a signé il y a peu avec les Emirats Arabes Unis un accord portant sur l'installation d'une base navale à Abu Dhabi. Selon certaines informations, cet accord serait assorti de clauses secrètes par lesquelles Paris s'engagerait à "utiliser tous les moyens militaires dont elle dispose pour défendre les Émirats arabes unis s’ils venaient à être agressés".
"Tous les moyens", cela inclut l'arsenal nucléaire. Les termes du traité seraient "plus contraignants que ceux de l'art. 5 du Traité de l'Atlantique Nord" qui oblige les membres de l'OTAN à se porter mutuellement secours.
Le plus invraisemblable est que cette décision n'entraîne aucun débat politique en France.
Lire : http://blog.mondediplo.net/2009-06-17-Le-nucleaire-francais-contre-l-Iran
18/06/2009, par Luc Delval
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Juste un lien, et rien d'autre.
http://www.article11.info/spip/spip.php?article256
Michel Warschawki était lundi après midi sur France-Inter, dans "Là-bas si j'y suis", en compagnie de Michèle Sibony (porte-parole de l'Union Juive Française pour la Paix). Emission à télécharger http://www.la-bas.org/ et plus précisément là : http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1710
15/06/2009, par Luc Delval
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Trente membres belges du corps expéditionnaire colonial des forces de maintien de la paix sont tombés dans un guet-apens monté par des talibans dans le nord de l'Afghanistan et ont essuyé des tirs nourris, selon De Morgen,
Le cabinet du Ministre de la Défense a admis que nos vaillants conquérants défenseurs des valeurs chrétiennes de la démocratie ont déjà été
pris pour cibles, mais que cela avait été gardé secret "pour ne pas inquiéter les
familles".
C'est que si les pays occidentaux n'ont pas renoncé à leurs bonnes vieilles traditions d'envoyer des troupes un peu partout dans le monde, faudrait pas en déduire qu'on a expliqué franchement aux femmes et aux enfants de nos mercenaires militaires qu'il n'est pas exclu que l'Etat fasse un de ces jours cadeau à papa d'une splendide redingote en sapin.
Bon, ben maintenant ils le savent. Et du même coup ils ont la confirmation que l'adage "pas de nouvelle bonnes nouvelles" est une connerie. Et que "RAS" pourrait bien être un mensonge. Ca va vachement les tranquiliser, tout ça...
15/06/2009, par Luc Delval
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Vendredi soir, France 2 diffusait un aimable téléfilm à la gloire de la mémoire d'Aristides de Sousa Mendes, consul du Portugal à Bordeaux en 1940, qui choisit de désobéir à son gouvernement et délivra massivement des visas à tous ceux qui cherchaient à fuir la barbarie nazie. Grâce au courage de cet homme, le courage de désobéir à ses chefs et d'obéir à sa conscience, 30.000 personnes, dont 10.000 juifs, eurent la vie sauve.
Aristides de Sousa Mendes, quant à lui, fut radié à vie de la fonction publique par Salazar, ses enfants furent contraints à l'exil, il termina sa vie dans la misère. Ce n'est qu'après la "révolution des oeillets", en 1974, que sa mémoire fut réhabilitée.
Le voilà, honneur suprême, héros télévisuel exemplaire, proposé à l'admiration du peuple agglutiné (chacun devant son écran).
En France, aujourd'hui, des citoyens sont poursuivis en Justice pour un "délit de solidarité" avec des sans-papiers dont le ministre des expulsions, l'ex-"socialiste" Eric Besson (qui a récemment pris la relève de Brice Hortefeux en se montrant - c'est un exploit - encore plus haïssable que son prédécesseur), prétend obstinément qu'il n'existe pas, et que personne n'a donc jamais eu à en répondre...
Essayons d'imaginer à quoi ressembleront, si tout va bien, les programmes de la télé d'Etat française dans une soixantaine d'années...
12/06/2009, par Luc Delval
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Prenant la parole à l'occasion du bicentenaire du Code du Commerce, Nicolas Sarkozy s'est élevé contre "la pénalisation excessive du droit des affaires". Durant sa campagne électorale, en 2006-2007, il avait déjà pris l'engagement de dépénaliser le délit d'abus de biens sociaux. La réforme est en cours : une commission ad hoc nommée par le gouvernement français a formulé des propositions, qui suscitent la colère du Syndicat de la Magistrature, selon qui "prétendant revoir ce droit pénal spécialisé dans le cadre général du droit pénal, elle propose en réalité de créer des procédures d’exception au profit de la délinquance économique et financière", tandis que dans le même temps est radicalement écartée "l’idée d’interdire aux banques d’exercer leur activité dans les paradis fiscaux" (qui d'ailleurs n'existent plus depuis que Sarkozy et quelques uns de ses collègues de moindre envergure réunis dans ce club privé" appelé "G20" les ont anéantis d'un coup de baguette magique et d'un communiqué de presse).
Donc, c'est certain, les tribunaux français s'occuperont de moins en moins de délinquance économique. Mais que vont-ils bien pouvoir faire pour s'occuper ?
C'est simple : le Conseil Constitutionnel vient de réduire à néant le dispositif central de la loi voule par Sarkozy pour lutter contre le "piratage" d'oeuvres musicales, cinématographiques, etc... via l'Internet. La future "Haute autorité" instituée par cette loi va devoir voler bien moins haut que prévu puisqu'elle n'aura plus aucun droit de sanctionner les "pirates" (qu'elle pourra en revanche toujours espionner). Pour couper une connexion à l'Internet, il faudra passer devant un juge, ce qui devrait théoriquement permettre aux "délinquants" d'exercer un minimum de droits de la défense (mais vu la manière dont fonctionnent de plus en plus les tribunaux, en pratique on n'en jurerait pas).
La reconversion des magistrats qui se retrouveront désoeuvrés du fait que Sarko ne veut plus qu'ils persécurtent ses amis du patronat est assurée. Ils vont pouvoir passer leurs nerfs sur les méchants téléchargeurs compulsifs. Et l'ordre règnera sur la terre de France.
11/06/2009, par Luc Delval
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Israël va verser des indemnités à une cinquantaine de familles
palestiniennes de Hébron, dont les biens ont été
la cible d'exactions de la part de colons. Ces indemnités seront versées par le ministère israélien de
la Défense pour un total de 250.000 shekels (62.500 dollars).
Le 4 décembre 2008, la
police israélienne avait évacué de force des colons retranchés dans une
maison de Hébron, au terme d'une épreuve de force avec le camp
ultranationaliste hostile à tout retrait en Cisjordanie. Des
colons juifs en colère s'étaient ensuite livrés à des actes de vandalisme à
l'encontre de Palestiniens détruisant des oliveraies, jetant des
pierres et tirant en direction de maisons, faisant trois blessés par
balles, et incendiant deux maisons au moins. Ils avaient également mis
le feu à une quinzaine de voitures appartenant à des Palestiniens. Trois jours
plus tard, le Premier ministre de l'époque, Ehud Olmert, avait dénoncé
ces colons en qualifiant leurs exactions de "pogromes" (commentaire que, dit-on, Viviane Teitelbaum (MR) a immédiatement ajouté à la liste des agressions antisémites dont elle tient la liste avec un soin maniaque).
Si on avait mauvais esprit - mais chacun sait qu'il n'en est rien - on dirait que 45.000 € c'est pas cher payé pour deux maisons, quinze voitures, des oliveraies (constituant probablement l'unique source de revenus de leurs propriétaires) détruites, etc...
Mais ce serait mesquin.
On se contentera donc de dire que pour les destructions massives de maisons et d'infrastructures publiques, les morts par centaines, les meurtres avec préméditation, ... infligées à Gaza, le moins serait qu'Israël se prépare à verser - si les mêmes barèmes "discount" sont appliqués - au bas mot quelques centaines de millions de dollars.
07/06/2009, par Luc Delval
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Juste un truc à lire avant de votre pour les élections européennes :
Les "petits secrets de la jet set silencieuse", qui permettent de mieux comprendre comme "ça" marche, et pourquoi cette élection est une mascarade.
05/06/2009, par Luc Delval
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Le quotidien révolutionnaire français "Sud Ouest" annonce qu'une habitante du département des Landes, à Dax, a été convoquée au commissariat de police afin d'y être entendue dans le cadre d'une procédure pour "injure publique envers un membre du ministère" faisant suite à une plainte de Nadine Morano (UMP sarkolâtre).
De quelle odieux forfait cette mauvaise française s'est-elle rendue coupable ?
Elle a visionné une vidéo assez désagréable pour Nadine Morano, sur Dailymotion. Déjà, c'est extrêmement douteux. Les citoyens normaux, qui se lèvent tôt et travaillent plus pour gagner moins, ne font pas des choses comme ça.
Mais en plus, cette habitante de Dax a laissé sous cette vidéo un commentaire d'une extrême violence, qui devrait lui valoir d'être considérée comme terroriste. Qu'on en juge :05/06/2009, par Luc Delval
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François Bayrou est, depuis quelques temps, pratiquement le critique le plus féroce de Sarkozy, unique objet de son ressentiment. Il y a à cela de bonnes raisons, et de moins bonnes, mais ce n'est pas ici mon propos. Le président du "Mouvement Démocrate" (MoDem) était jeudi matin sur France-Inter, où il a déclaré :
04/06/2009, par Luc Delval
Jacques Attali (sur Euronews):
"Les dirigeants politiques européens sont ravis d’envoyer les plus médiocres d’entre eux à Bruxelles. Je répète, sont ravis d’envoyer les plus médiocres d’entre eux à Bruxelles. Comme ça ils conservent le pouvoir réel dans les pays. Mise à part Jacques Delors, nous n’avons jamais eu, depuis 30 ou 40 ans de Président de la Commission qui soit quelqu’un de haut niveau. Tout simplement parce que chaque fois qu’un pays a envoyé quelqu’un à Bruxelles, tout le monde s’est assuré qu’il soit assez médiocre pour ne faire de l’ombre à personne."
L'avenir de Barroso est assuré !
04/06/2009, par Luc Delval