Il est bien tard pour que George W. Bush assimile quelques rudiments de géographie, et notamment pour qu'il réalise que le Pakistan n'est pas le Laos (lui-même ayant réussi l'exploit d'être un Président U.S. plus méprisable que Richard Nixon, ce qui paraissait de prime abord impossible).
Toujours est-il qu'il aurait, selon le New York Times (quotidien néo-stalinien bien connu, selon Didier Reynders), autorisé les "forces spéciales" américaines basées en Afghanistan à opérer en territoire pakistanais, sans se soucier de demander une quelconque autorisation au gouvernement d'Islamabad, supposé "ami" (et à ce titre, comme tous les gouvernements "amis" des Etats-Unis autorisé à fermer sa gueule).
C'est ce qui s'est passé le 3 septembre, quand des hélicoptères
américains, et probablement des soldats au sol, ont attaqué un village,
tuant, selon Islamabad, 15 civils, dont des femmes et des enfants (on reconnaît bien là la perversité des femmes et des enfants, qui se dissimulent lâchement parmi la population civile au mépris de toutes les règles !). La routine de la "guerre au terrorisme" : ces gosses-là, on en est certains, ne piloteront jamais de voiture piégée devant les hôtels de luxe.
Ces dernières semaines, les tirs de missiles par des drones
américains s'abattent quasi-quotidiennement sur des maisons dans les
"zones tribales", à la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan, tuant peut-être des combattants d'Al-Qaïda ou des talibans, mais
aussi, surtout, des civils.
Là où ça devient amusant, c'est qu'on apprend lundi par l'AFP que "des forces pakistanaises" ont ouvert le feu dimanche contre des hélicoptères de combat américains qui avaient violé l'espace aérien pakistanais, et les ont ainsi contraints à retourner se mettre à l'abri en Afghanistan.
On se demandait à quoi pouvait bien servir cette guerre de l'Occident triomphant contre l'Afghanistan. Nous voilà fixés : c'est pour intensifier encore le chaos dans lequel la politique américaine a déjà plongé le Pakistan, puissance nucléaire faut-il le rappeler, et accélérer la prise de pouvoir des islamistes les plus radicaux à Islamabad. Et ça marche !
J'oubliais : huit Irakiens, dont un haut responsable de la police, ont été tués dimanche et près
d'une centaine blessés dans une série d'attaques en Irak, dont deux
attentats suicide à Kirkouk et Mossoul (nord), ont indiqué à l'AFP des
sources proches des services de sécurité. A Bagdad, des inconnus ont abattu le général de brigade Adel Abbas, un
haut responsable du département d'enquête criminelle au ministère de
l'Intérieur, alors qu'il se rendait en voiture à son travail. Toujours à Bagdad, des assaillants ont tenté de tuer Ghasan Ridha, un
cadre du ministère des Finances, en faisant exploser une bombe sous sa
voiture. Il a seulement été blessé. Passons sur quelques autres attentats à la bombe, dont deux au moins à Bagdad.
Là aussi, la stratégie U.S. fonctionne à fond, l'horreur est quotidienne et banale.